INTERVIEW
New Security Magazine 149 – février 2019
« La vidéosurveillance est un marché florissant »
Patrick Van Liempt, responsable de la communication depuis un an chez Alia Security
Patrick Van Liempt vient d’achever sa première année en tant que responsable de la communication chez Alia Security. Pour Top Security, il revient sur ces douze derniers mois au sein de l’association professionnelle belge de la sécurité électronique et nous dévoile quelques projets pour 2019.
Patrick Van Liempt et Alia Security se connaissent depuis bien plus d’un an. C’est en tant que manager de Tim Security que Patrick Van Liempt a rejoint volontairement la fédération il y a plusieurs années. La plus-value pour son entreprise de sécurité et le secteur lui était évidente. C’est en 2018 qu’Alia Security lui demande de coordonner la communication de l’association. « Après la période préparatoire, nous avons élaboré des plans d’action et défini quelques visions et ambitions », explique-t-il.
Informer et soutenir l’installateur et l’utilisateur final face aux changements et aux nouveautés dans le domaine de la législation, des obligations, de la certification et des évolutions du marché, mais aussi conseiller et convaincre le gouvernement de prendre en compte les enjeux et les inquiétudes du secteur dans le cadre de la législation. Telles sont les principales tâches d’Alia Security. « En 2018, nous avons de nouveau organisé des séminaires, notamment le Security Day, et des soirées d’information. Les membres ont besoin de notre soutien car beaucoup n’ont pas le temps de s’occuper de tout cela. Il nous revient aussi de représenter leurs intérêts de nos membres auprès des différentes parties prenantes. »
Trois grands changements
L’année dernière a été marquée par plusieurs changements importants dans le secteur. La loi réglementant la Sécurité privée et particulière remplace entièrement l’ancienne « loi Tobback ». La loi caméra, élaborée dans l’esprit du règlement RGPD, est, elle aussi été adaptée. Et puis il y a la certification Incert Video à laquelle les installateurs de systèmes de vidéosurveillance peuvent souscrire volontairement et qui fait désormais office de nouveau label de qualité.
« Dans la loi réglementant la Sécurité privée et particulière, les conditions d’obtention d’une autorisation pour les installateurs de systèmes d’alarmes ont été largement maintenues. Mais la vente de porte à porte n’est plus autorisée. Un installateur de systèmes de vidéosurveillance doit, quant à lui, désormais également être agréé par le SPF Intérieur. Cette autorisation lui est remise s’il satisfait à des critères strictes. Des recherches sur la moralité ont notamment lieu. Présenter un certificat de bonne vie et mœurs est une exigence, de même que démontrer que vous êtes structuré et organisé. »
« Cette loi mise à jour veut empêcher une prolifération sauvage dans le secteur. La vidéosurveillance est un marché particulièrement florissant. Certainement maintenant que les caméras vont jouer un rôle plus important dans le concept de sécurisation global, comme la détection intrusion, la détection incendie, le contrôle d’accès, … Une réglementation détaillée est utile à l’installateur qui sait ce qu’il peut faire et ne pas faire. C’est le rôle d’Alia de l’informer sur ces réglementations. Nous distillons les informations essentielles et nous les interprétons car le texte de loi compte 75 pages. Pas évident pour un installateur d’en résumer l’essentiel. »
Certification Incert
Alia Security encourage ses membres à se faire certifier Incert. « Un label de qualité souligne l’expertise. Il y a le label Incert Intrusion pour les systèmes d’intrusion et, plus récemment, le label Incert Video qui certifie que l’installateur est capable d’établir une bonne analyse des risques avec une obligation de résultats pour l’installation, et de fournir un service et une maintenance à son client. Les premiers installateurs certifiés Incert Video sont désormais actifs sur le marché. De nombreux membres suivront leur exemple cette année. »
Comme on s’y attendait en 2018, de nombreux produits, technologies et intégrations de divers matériels ont évolué à un rythme rapide. Suivre toutes ces évolutions est un sérieux défi pour les installateurs. « Ce n’est pas une évolution linéaire mais une révolution exponentielle dans tous les domaines. Tout est de plus en plus lié aux technologies IT, IP et ITC. L’installateur doit bien se rendre compte de ce qu’il fait et être extrêmement prudent avec la mise en œuvre d’anciens systèmes. Ceux-ci doivent être bien protégés contre les attaques de personnes aux intentions malveillantes. Raccorder simplement le tout ensemble est hors de question. Nous le précisons clairement à nos membres lors de nos réunions d’information. »
Informer le client final
Le client final ne sait pas toujours à quoi être attentif pour disposer d’une bonne installation. C’est à l’installateur de l’informer. « L’installateur doit savoir comment implémenter un certain type de système dans un endroit donné. Il ne peut réaliser cela qu’en posant les bonnes questions au client et en prenant le temps de la réflexion. Réaliser une bonne analyse des risques est essentiel pour que le système réponde aux attentes du client. »
Alia Security apporte aussi une aide au client final avec de l’information cruciale. « Nous lui garantissons qu’un installateur membre d’Alia reçoit les directives utiles, qu’il travaille de manière professionnelle et qu’il est reconnu par le ministère des Affaires intérieures. Le client final sait qui il laisse entrer chez lui. »
Un nouveau cadre de formation
Qu’apportera l’année 2019? « Alia va poursuivre la communication vers ses membres et les soutenir dans de l’implémentation de la loi réglementant la Sécurité privée et particulière. Il est par exemple question de revoir le cadre de formation, notamment sur la vidéosurveillance. Comme la législation définit aussi la réglementation des installateurs ne faisant que l’installation de caméras de surveillance, nous leur tendons la main pour les soutenir et défendre leurs intérêts. Leur activité relève de la même législation que celle de nos membres actuels. A côté de cela, nous continuons d’inciter l’utilisateur final à travailler avec des installateurs professionnels. »
Promouvoir le métier
Autre point important à l’agenda : rendre le métier d’installateur plus attrayant. « Nous travaillons ici avec Volta. Nous visons avant tout les jeunes. Actuellement, peu d’étudiants savent à quel point ce métier est diversifié, évolutif et passionnant. Il y a une septième année de spécialisation en techniques de commande et de sécurité mais hélas trop peu d’élèves suivent cette orientation d’étude. A nous d’essayer de la promouvoir. Je pense que cela a surtout à voir avec l’adage ‘mal connu, mal aimé. Pour beaucoup de jeunes, le métier d’installateur consiste à placer une centrale contre un mur, à installer des détecteurs, à ramper dans les caves pour tirer des câbles. Cette vision est loin de la réalité. Chaque technicien travaille aujourd’hui avec un laptop. De plus, celui qui se lance dans les systèmes de sécurité a du travail garanti. Le secteur est en plein boom. »
Communiquer localement
Communiquer plus localement avec les membres. Alia compte bien se consacrer à cela cette année. « Nous réfléchissons encore à la manière de réaliser cela. Actuellement, nous organisons deux réunions d’information régionales par an : une en français et une en néerlandais. Ce concept a bien fonctionné durant des années mais nous sentons aujourd’hui qu’il est temps de passer à une autre approche. Prévoir peut-être plus de moments d’information au niveau local afin que nos membres soient moins dans les embouteillages. L’e-learning est une autre option. Dans tous les cas, nous recherchons des solutions pour être plus proches de nos membres afin de mieux les soutenir. »
Par Gianni D’Angelo

