PROJET  
New Security Magazine 146 – avril 2018

ENGIE Fabricom étend sa plate-forme de sécurité pour en faire un BMS

Un système de gestion complet qui fonctionne non seulement comme un PSIM (gestion de l’information physique) mais aussi comme un BMS (système de gestion des bâtiments) : avec ce développement récent, ENGIE Fabricom répond de manière transparente à l’évolution vers des bâtiments intelligents (« smart buildings ») et, par extension, des villes intelligentes (« smart cities »). Le nom de ce nouveau venu : ICAROS+. « Nos clients existants peuvent facilement se mettre à niveau, mais ce développement crée également des opportunités intéressantes pour de nouveaux groupes cibles, comme les villes et les municipalités », explique Patrick Naze d’ENGIE Fabricom.

Pour les exploitants d’infrastructures critiques, ENGIE Fabricom est depuis longtemps un spécialiste de la gestion de la sécurité physique. Voici une vingtaine d’années, l’entreprise a lancé son propre progiciel SMS (Security Management System), qui faisait office de PSIM. Icaros, comme s’appelait le système, est rapidement devenu la référence dans l’intégration de toutes les techniques de sécurité électronique. « Nous avons équipé environ quatre-vingts pour cent de toutes les infrastructures critiques en Belgique avec cette solution », précise Patrick Naze, responsable du département Infra, Sécurité & Audiovisuel chez ENGIE Fabricom. Les aéroports de Zaventem, Liège et Charleroi, plusieurs clients des ports d’Anvers et de Zeebruges, divers bâtiments judiciaires et prisons, la Défense, ainsi qu’Eandis et Elia dans le secteur de l’énergie l’utilisent.

Solution ouverte

« Voici deux ans, à la demande de nos clients, nous avons commencé à mettre à niveau le système, poursuit Patrick Naze. Ils cherchaient un système qui permette d’accéder aux versions les plus récentes de toutes les techniques de sécurité physique. À l’époque où Icaros a été développé, il n’existait pratiquement pas d’autres PSIM. Grâce à l’extension du système, le nouvel Icaros+ se présente dorénavant comme une solution entièrement ouverte, et évolue vers un BMS. »

Dans le passé, Icaros s’est concentré sur l’intégration de techniques de sécurité telles que le contrôle d’accès, les alarmes techniques, la surveillance par caméra, la surveillance de périmètre, les systèmes de sécurité mobiles, la détection anti-intrusion et anti-incendie. L’extension du système permet également d’intégrer l’enregistrement du temps, les systèmes biométriques, les systèmes HVAC (chauffage, ventilation, climatisation et refroidissement), la gestion des parkings, la reconnaissance faciale, les systèmes de sonorisation, l’éclairage et les coffres forts à clés.

Privilégier le sur-mesure et l’intégration

« Icaros+ est basé sur WinGuard, la plate-forme d’Advancis à laquelle nous pouvons rattacher toutes les techniques. Notre équipe d’ingénieurs se concentre à présent sur l’intégration de toutes les technologies possibles et sur le travail sur mesure plutôt que sur le développement de nos propres produits. Il est crucial qu’avec Icaros+, nous puissions également continuer à servir nos clients existants qui l’utilisent aujourd’hui. Nous leur proposons un parcours de migration adapté, dans lequel nous avons développé des modules logiciels spécifiques, notamment iCards (pour le contrôle d’accès) et Fideni (middleware pour la détection incendie), de sorte que la migration est très facile à réaliser.

Icaros+ sert d’environnement central pour la gestion de toutes les technologies du bâtiment et de la sécurité, et constitue donc une base utile pour les « bâtiments intelligents » et les « villes intelligentes ». De plus, la solution garantit également un compte-rendu automatique des incidents et un support étendu et automatisé pour leur traitement.

« Jadis, les gestionnaires d’infrastructures critiques dépendaient fortement des méthodes de travail personnelles de l’opérateur en cas de calamité et pour le traitement des alarmes, mais dans ce type de situation, certains opérateurs réagissent avec plus de souplesse que d’autres, commente Patrick Naze. Un support opérationnel clairement défini en cas d’incident fournit à l’opérateur une liste de tâches complexes, avec la séquence correcte des mesures à prendre, qui s’adapte automatiquement aux conclusions de l’opérateur pendant le traitement de l’incident. »

Ces flux de travail opérationnels suppriment tout risque de réponse inadéquate en cas de calamité, et garantissent que les autorités compétentes sont contactées dans des délais prédéterminés. « De plus, le système prévoit l’enregistrement automatique de toutes ces actions et fournit, pour chaque incident, un rapport complet incluant toutes les informations qui s’y rapportent (y compris une localisation sur une carte, des images vidéo, les notes de l’opérateur, etc.), ainsi que toutes les mesures prises par l’opérateur et toutes les actions décidées par le système lui-même. »

Pour ENGIE, passer d’un PSIM à un BMS est une évolution logique. « Je pense qu’il serait plus facile de mettre à niveau un PSIM pour en faire un BMS que l’inverse. Quiconque maîtrise à fond l’enchevêtrement complexe de la législation (belge) en matière de sécurité est bien outillé pour intégrer d’autres techniques dans la solution », déclare Patrick Naze. « De plus, cette solution anticipe les exigences considérablement plus strictes en matière de respect de la vie privée et de sécurité (données et cybersécurité), et aligne le système sur la législation GDPR (règles européennes plus strictes en matière de protection des données) qui est sur le point d’entrer en vigueur. »

Nouvelles applications

La plate-forme exhaustive offre à l’entreprise la possibilité de s’adresser à de nouveaux groupes cibles. Il s’agit notamment des villes et des communes qui veulent transformer leurs bâtiments publics en « bâtiments intelligents ». Icaros+ permet de relier la gestion de plusieurs techniques et bâtiments sur différents sites au moyen de clusters. Le système se prête aussi parfaitement à l’orientation des services de police et des services d’urgence à partir des salles de contrôle en situation de crise. Sans oublier que la plate-forme offre de nombreuses possibilités de surveillance technique des installations, y compris pour les entreprises de transport (STIB, Infrabel, etc.) et les clients industriels. C’est particulièrement vrai pour les sites où la sécurité et la surveillance technique sont essentielles, comme les entreprises chimiques, le secteur nucléaire (radiations) et les entreprises possédant des zones ATEX (risque d’explosion). « Au plus tôt on peut intervenir dans des situations de crise sur de tels sites, au mieux cela vaut, d’autant que ce système permet de meilleures réactions proactives dans certaines situations. »

Par Bart Vancauwenberghe

www.engie-fabricom.com

Trajet complet

Avec cette solution, ENGIE vise principalement le marché belge, bien qu’elle puisse certainement s’exporter. « Pour l’intégration d’Icaros+, nous sommes responsables de l’ensemble du processus, depuis la phase de conception, jusqu’à la formation des opérateurs et au suivi (helpdesk et support technique), en passant par l’ingénierie et l’installation. Nous pouvons renforcer les services opérationnels de nos clients grâce à la prise en charge de leurs tâches de gestion spécifiques par notre propre personnel, et nous sommes également responsables de la maintenance préventive et curative grâce à une équipe de quelque soixante-dix techniciens expérimentés », conclut Patrick Naze.

« Le système permet de relier la gestion de plusieurs techniques et bâtiments sur différents sites au moyen de clusters. » – Patrick Naze, responsable département Infra, Security & Audiovisual chez ENGIE Fabricom