EVÉNEMENTS  
New Security Magazine 145 – février 2018

Sicurezza 2017 

La sécurité en grand

C’est du 14 au 16 novembre que s’est déroulée la 19e édition de Sicurezza à la Fiera de Milan. Au-delà du pic enregistré au niveau des visiteurs et des exposants, mais les nombreuses initiatives, on retiendra les démonstrations et présentations qui font de Sicurezza une des plus grandes manifestations dédiées à la sécurité.

Les chiffres ne disent peut-être pas tout, mais en l’occurrence, impossible de ne pas les citer. Avec 25 569 visiteurs professionnels (+35% de plus qu’en 2015) et 465 exposants (40% de plus), Sicurezza est devenue l’un des principaux rendez-vous du secteur de la sécurité au même titre que l’IFSEC (Londres) et Security Essen. « Des visiteurs venus de 86 pays démontrent que Sicurezza est devenu un véritable incontournable du secteur », a commenté Fabrizio Curci, CEO de la Fiera. « L’événement rassemble les innovations et la formation professionnelle dédiées à notre secteur, tout en offrant des solutions concrètes à une époque où l’intégration et la numérisation font évoluer le marché en profondeur. Une situation qu’a également confirmée la première édition de Smart Building Expo, un salon parallèle qui fait le lien entre sécurité et gestion des bâtiments, et qui a permis de constater que loin de se concevoir isolément, la sécurité est au contraire indissociable des autres techniques. De quoi inciter le professionnel à examiner la sécurité sous une autre perspective, dès la phase de conception d’un bâtiment. En effet, pour peu que le spécialiste de la sécurité soit impliqué dès les premiers stades d’un chantier, il pourra réduire considérablement le coût de l’installation de sécurité finale grâce à des propositions concrètes. »

Sicurezza rassemble plusieurs aspects de la sécurité sans se focaliser sur un thème précis. Contrôle des accès, vidéosurveillance, dispositifs anti-intrusion, sécurité passive et cybersécurité y étaient depuis longtemps représentés, mais cette année s’y sont ajoutées la prévention et la sécurité incendie. La zone où les unités d’intervention de la police, des pompiers, de la Défense et des douanes présentaient leur matériel roulant a attiré beaucoup de curieux. Et personne ne s’étonnera que la perle de la police locale milanaise ait volé la vedette, puisqu’il s’agit d’une Ferrari 458 Spider, confisquée à un chef de la maffia locale.

Security 4.0

Si l’on parle d’Industrie 4.0, il faut aussi commencer à réfléchir aux conséquences de cette nouvelle méthode de travail sur le plan de la sécurité. L’Industrie 4.0, soit la quatrième révolution industrielle, bouleverse littéralement les méthodes de production en intégrant au cœur même des processus et des systèmes de production l’Internet des objets, l’informatique de nuage, l’intégration des données et autres développements technologiques.

Mais la force de l’Industrie 4.0 est aussi sa faiblesse, car elle ne peut exister isolément. Prenons deux éléments comme exemples. L’informatique de nuage donne accès à des applications, données et services stockés dans un réseau par le biais d’une connexion internet. L’Internet des objets, quant à lui, fait appel au nuage informatique pour stocker et automatiser les processus. L’Industrie 4.0 combine les potentialités de l’informatique de nuage à celles de l’Internet des objets, ce qui permet de commander processus et appareils à distance dès lors qu’il existe une connexion internet. Et c’est là que réside le danger. Le fait que les machines soient reliées à internet est porteur de risques, dans la mesure où elles sont exposées à des cyber-attaques susceptibles de perturber la production. Pour les experts, tout appareil relié à l’Internet des objets est une cible potentielle pour les cybercriminels. Par ailleurs, de nombreuses données et informations sensibles ne sont pas encore suffisamment protégées, et pourraient être interceptées par des hackers qui les utiliseraient ensuite pour mettre sur pied d’autres cyberattaques visant une entreprise.

C’est pourquoi plusieurs exposants proposaient leurs solutions de sécurité 4.0 à Sicurezza. La clé de la solution est l’intégration d’une protection physique et matérielle : contrôle des accès, (vidéo)surveillance avec l’Internet des objets et badges numériques. « Plus les dégâts pouvant être infligés en interne sont importants, plus la sécurité extérieure doit être performante », explique Alex Speroni, strategic sales manager chez Selesta Ingegneria. « Nous essayons, grâce à nos systèmes, de protéger les personnes, les biens et les lieux sur la même plateforme qui nous sert à éviter les cyberattaques et le hacking. Pour l’utilisateur final, cela se traduit par un seul système pour les attaques tant visibles qu’invisibles.

Qui, quoi, où

Il est frappant de constater à quel point l’endroit à protéger joue un rôle important dans le choix de la solution, et Sicurezza l’a démontré à plus d’un titre comme le prouvent ces quelques exemples.

Les villes de millions d’habitants sont devenues des centres complexes qui ont besoin de solutions fiables et précises, sans compromettre la fonctionnalité. La vie quotidienne dans les quartiers résidentiels, les musées, les centres commerciaux et les immeubles de bureaux exige un impact minimal de la sécurité, mais en même temps, habitants et travailleurs ont droit à un environnement sécurisé. Les systèmes physiques tels que barrières, barrages routiers et portiques d’accès ne seront acceptés qu’à la condition qu’ils ne freinent les activités habituelles qu’a minima.

La mobilité est une caractéristique essentielle de notre société actuelle. Tant les moyens de transport que les destinations doivent être sécurisés. L’avantage dans ce secteur, c’est que certaines habitudes sont déjà installées. Les passagers ont depuis longtemps accepté d’ôter leurs chaussures et leur ceinture avant de prendre un vol. Le bodyscan est lui aussi accepté, même s’il expose plus que ce que beaucoup ne pensent.

Chez soi

Pour les victimes, les conséquences d’une effraction ou d’une tentative d’effraction à domicile restent sous-évaluées, surtout si elles étaient chez elles au moment des faits. Même si des mesures sont prises par la suite pour éviter qu’ils se reproduisent, une maison plus sécurisée n’instille pas toujours un sentiment de sécurité. Pire encore, le sentiment d’insécurité reste plus important, même dans une maison sécurisée. L’adoption d’un moyen de défense n’y change pas grand-chose, pourtant on constate une forte augmentation après une (tentative) d’effraction.

Le lieu de travail demande des mesures particulières, qu’il s’agisse d’un magasin, d’un bureau ou d’une usine. Ici aussi, la sécurité est de plus en plus importante, tant pour l’entreprise proprement dite que pour l’individu qui y travaille. C’est le cas des circuits de vidéosurveillance dans les grands magasins, où l’analyse des données (combien de temps le visiteur reste-t-il dans le magasin, quel trajet il suit, quels sont les hot spots) fournit des informations commerciales utiles susceptibles d’influencer le comportement d’achat. Ou le contrôle des accès qui sert également de time keeper. L’installation de sécurité en tant qu’instrument de travail.

Par Rudy Gunst

Photos: UK Security Expo

www.sicurezza.it