REPORTAGE  
New Security Magazine 144 – octobre 2017

L’audit sécurité: pas un luxe superflu

En 2016, il y a eu en moyenne, chaque jour, 53 cambriolages dans les entreprises, les institutions publiques et les organismes gouvernementaux. Dans le secteur de la vente au détail, 29% des vols ont lieu par le personnel. Ces quelques chiffres font réfléchir à juste titre les gérants d’exploitations. La sécurité est plus que jamais un sujet d’actualité. Dans quelle mesure votre entreprise est-elle armée contre les visiteurs indésirables ou le vol en interne ? Un audit de sécurité peut apporter des éclaircissements. Kirsten Van der Hasselt de Trigion, une filiale de Facilicom, nous explique cela.

Le temps où les solutions simples suffisaient à repousser les visiteurs indésirables comme une barrière d’accès, un agent costaud de la sécurité voire du fil barbelé ou un dispositif de dissuasion, est révolu. Aujourd’hui, garantir la sécurité est devenu plus complexe. « Un drone permet de voir par-dessus les murs » explique Kirsten Van der Hasselt, responsable des conseils en sécurité chez Trigion. « Des petites histoires bien tournées suffisent parfois à gagner la confiance des gardes et à passer ainsi le tourniquet sans badge. En d’autres termes : les individus qui ont des intentions criminelles sont plus créatifs qu’on ne le pense. Un test rapide permet parfois de voir jusqu’à quel point votre entreprise est sécurisée et comment il est facile ou difficile de pénétrer dans le local d’archives ou des serveurs, notamment. »

Zones oubliées

Parfois, le danger se cache dans des coins. « Chez les collaborateurs, la conscientisation de la sécurité est parfois insuffisante : ils laissent trainer des objets de valeur ou des documents sur le bureau, ne se posent pas de question lorsque des visages inconnus se promènent dans le département ou laissent entrer des visiteurs, sans doute avec les meilleures intentions. Et il y a d’autres facteurs de risque comme les sorties ou les escaliers de secours pas ou peu sécurisés, les portes sécurisées qui restent ouvertes ou l’environnement. Quand on se trouve à proximité de prisons, de gares, d’ambassades ou d’installations de gaz naturel, on peut être confronté à des dégâts collatéraux en cas d’attaques ou autres calamités, par exemple. »

Last but not least, il y a le ‘cheval de Troie’, c’est-à-dire les propres collaborateurs qui ont des intentions criminelles. « Il est utile d’étudier si chaque collaborateur peut avoir libre accès à toute l’entreprise », estime Kirsten Van der Hasselt.

Trois étapes importantes

Pour répertorier ces dangers silencieux, il est conseillé de faire réaliser un audit sur la sécurité par une entreprise spécialisée. « Dans une première phase, nous avons un entretien de prise de contact durant lequel nous analysons les plans, les incidents des dernières années, et nous discutons avec les principaux stakeholders. Nous savons ainsi quelles sont les prescriptions qui prévalent en cas de calamités, quelles sont les procédures en vigueur concernant la gestion des badges et le contrôle d’accès, comment a lieu le suivi des alarmes, s’il existe un système de surveillance par caméra ou de détection antivol, etc. Ensuite, nous planifions une ronde complète, à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, durant laquelle nous examinons en détail chaque étage, espace, voie d’accès pour obtenir une ‘vue d’hélicoptère’. Nous pouvons ainsi détecter les vulnérabilités, les points sensibles et les endroits par lesquels des individus pourraient entrer. Une étude de l’environnement et une analyse des données de sécurité régionales (y a-t-il eu des incendies récemment, des vols, des prises d’otages, …) sont aussi utiles. »

Toutes les conclusions sont résumées dans un rapport de sécurité pratique, étoffé de nombreuses photos et orienté solutions. « L’objectif est que l’entreprise ou l’institution puisse directement agir. Dans le rapport, nous décrivons la problématique et nous établissons un profil de risque détaillé de l’entreprise, ainsi que les dangers potentiels auxquels l’entreprise et ses collaborateurs sont confrontés. L’efficience des mesures de sécurité mises en oeuvre est aussi abordée. Via une description des lieux sensibles et des points névralgiques, le gérant de l’exploitation ou le Facility Manager obtient une image complète de l’état actuel de la sécurité de l’entreprise. »

Un aperçu des ‘quick wins’ et des mesures à plus long terme précisent ce qu’il faut immédiatement réaliser pour améliorer la situation. « Cette liste comprend des mesures physiques et/ou électroniques, la création de procédures et des prescriptions et/ou des formations pour augmenter le sentiment de sécurité auprès du personnel. »

Les visites mystères

Si le bâtiment accueille régulièrement des clients, des fournisseurs ou d’autres contacts, une visite mystère permet d’apprendre beaucoup de choses. « Ici, nos conseillers essayent de s’infiltrer incognito le plus loin possible dans l’entreprise. C’est aussi un bon moyen d’évaluer le comportement (commercial ?) des collaborateurs, et voir ce que l’on laisse trainer comme badges, sacs à main et autres documents confidentiels. Les résultats de ces visites mystères représentent souvent une bonne base, lors d’une séance de formation, pour augmenter le sentiment de sécurité chez les collaborateurs. »

Pertinence

Faire réaliser régulièrement un audit de sécurité est un investissement qui s’amortit rapidement. « Une telle étude est souvent utile si quelque chose a récemment changé à la production, l’entreprise a déménagé, les structures de la division ont été modifiées, après une acquisition et autres. Tant les grands que les petits acteurs en tirent des avantages car tout le monde est exposé aux risques. Finalement, cela revient à avoir une longueur d’avance face aux criminels qui changent régulièrement leur modus operandi, et à vérifier si les techniques de sécurité utilisées ne sont pas dépassées. »

Par Bart Vancauwenberghe

www.trigion.be

Cinq conseils

  1. Ne laissez rien trainer. Un lieu désordonné invite à voler. Le collaborateur qui applique les principes du clean desk correctement a moins de chance de voir quelque chose disparaître.
  2. Compartimentez le bâtiment. L’installation d’un système à badge donnant un accès limité à des zones sensibles, est conseillée.
  3. Organisez, en respectant le cadre légal, des contrôles de sortie aléatoires.
  4. Utilisez un système d’enregistrement pour le prêt de matériel.
  5. Effectuez des entretiens de sortie avec tous les collaborateurs qui quittent l’entreprise, certainement lorsque le départ est soudain.

Un test rapide suffit parfois à voir à quel point une entreprise est correctement sécurisée. Faire réaliser un audit de sécurité est un investissement qui s’amortit rapidement.

« Une visite mystère est un bon moyen d’évaluer le comportement (commercial ?) des collaborateurs. »

Kirsten Van der Hasselt, sales & security scans Trigion