REPORTAGE  
New Security Magazine 143 – juillet 2017

Bosch Talks 2017 met principalement l’accent sur la sécurité

Des dizaines de clients et relations de Bosch Security Systems ont pu, lors d’un événement très apprécié organisé à Hilvarenbeek, prendre connaissance des nouvelles solutions et applications de l’entreprise. Les invités ont pu également assister à des démonstrations de produits et des présentations intéressantes, avec, entre autres, un exposé par Kris De Gendt sur les techniques innovantes utilisées au centre de simulation pour la police, à Zedelgem.

Bosch Security a pris au fil du temps l’habitude d’inviter une fois par an ses clients. Après l’édition francophone de l’an dernier, c’était cette fois au tour des clients néerlandais et flamands. Saske Rodenburg (responsable marketing & communication de l’entreprise) nous explique : « L’événement s’articule autour de trois piliers. Nous avons des démonstrations de produits faites par nos propres spécialistes ; quelques spécialistes externes viennent également animer des sessions autour de thèmes comme la communication et le piratage, et il y a aussi un ‘marché’ où nous présentons nos innovations concernant des sujets d’application pratique. Les participants sont choisis parmi notre clientèle : intégrateurs système, grossistes, bureaux d’études et un certain nombre de clients finals importants. »

Centre de simulation pour la police

Il y a cinq ans, il a été décidé de créer un centre de simulation où les services de police belges pourraient simuler, dans un environnement réaliste, des situations courantes telles que des attaques de banque, des arrestations et des communications de mauvaises nouvelles. C’est pourquoi un décor en grandeur nature a été créé dans l’ancienne école militaire de Zedelgem, afin de simuler au mieux ces situations. Il y a été aménagé, entre autres, un espace d’accueil, un bureau, une cellule de police, un café, un bloc sanitaire, un appartement, différents types d’escaliers, un local d’audition Salduz, un distributeur de billets, un comptoir d’enregistrement, un magasin, une salle de classe et un environnement extérieur réaliste complet. Kris De Gendt (directeur du magasin de gros concerné Security Projects) : « Afin de permettre aux enseignants d’évaluer et de suivre la formation, il a été installé un certain nombre de caméras Bosch. Chaque local est équipé de deux caméras installées en diagonale, de façon à couvrir convenablement les lieux et pouvoir observer la situation de deux points de vue différents. Les caméras sont également pourvues d’une vision nocturne, grâce à un éclairage infrarouge intégré. On peut ainsi y organiser des exercices tels qu’un assaut dans le noir complet. En outre, les caméras ont été équipées de micros et de haut-parleurs de sorte que l’enseignant puisse, depuis le local régie, suivre et corriger la formation en temps réel. L’image et le son sont également enregistrés en continu, de sorte que l’exercice puisse être visionné à nouveau avec l’élève. »

Il y avait également quelques exigences spécifiques concernant le système. Kris De Gendt : « C’est exact : le maître d’ouvrage a estimé qu’il était très important que les caméras puissent réagir rapidement à des conditions de luminosité changeantes. Ainsi, lors du jet dans le local d’un flash bang, on perçoit une forte détonation combinée à un flash lumineux intense. Il ne fallait pas que les images soient éclipsées de ce fait pendant quelques secondes ; l’enregistrement devait donc être continuellement de grande qualité. Pour les interrogatoires et la communication de mauvaises nouvelles, il est également important que l’image et le son enregistrés soient synchrones avec le mouvement des lèvres, parce que les expressions du visage sont dans ce cas d’une énorme importance. Ceci est possible avec le système Bosch Video Management. »

D’autres services d’intervention, comme les pompiers et les ambulanciers, viennent depuis s’entraîner dans le centre de simulation. Il est envisagé de continuer à louer le centre à des groupes cibles spécifiques comme les médecins, les pharmaciens et les commerçants. Ils peuvent y suivre des stages de formation portant, par exemple, sur la manière de répondre à une agression.

« Les caméras sont particulièrement intéressantes à pirater pour les cybercriminels, car elles peuvent traiter de grandes quantités de données. Elles peuvent donc être utilisées efficacement pour une cyber-attaque. »

Gerard Otterspeer, directeur des ventes Bosch Security Systems Pays-Bas

Piratage : regarder la réalité en face

Le pirate éthique Edwin van Andel, de l’entreprise Zerocopter, a donné, grâce à un certain nombre d’exemples marquants, une idée de ce que comporte le piratage et où se trouvent les principaux points faibles. Ils illustrent l’importance de la protection contre la cybercriminalité. L’avion de chasse américain hypermoderne F35 a eu immédiatement une copie chinoise quasi parfaite grâce à un piratage de données chez le fabricant Lockheed. Une importante société néerlandaise du secteur de l’énergie protège ses serveurs par des mots de passe qui sont restés ceux du paramétrage par défaut. Une caméra bon marché achetée dans un magasin de bricolage qui est piratée au bout d’exactement 98 secondes. Chez nous aussi, le piratage est présent partout. Une imprimante en réseau, du port d’Anvers et servant à imprimer des lettres de voiture, a semblé brusquement être reliée à un coupleur étranger. Une enquête approfondie a montré qu’elle comportait une carte Raspberry PI qui envoyait directement les données des lettres de voiture à une organisation criminelle, dans le but de repérer le bateau ayant la cargaison la plus précieuse. Voilà quatre exemples anxiogènes de ce que des fuites dans les protections de données peuvent entraîner comme conséquences. Mais comment s’en protéger ? L’utilisation trop naïve de clés USB inconnues est un point sensible bien connu, mais saviez-vous qu’on peut commander facilement sur Internet une attaque DDOS ciblée pour la modique somme de 10 euros ? On peut aussi commander en quelques clics un virus malveillant personnalisé, tout comme des lecteurs RFID bon marché capables de scanner les fréquences des badges d’accès. Un contrôle d’accès trop laxiste à des bâtiments d’entreprise est également un problème. La protection contre le piratage n’est donc pas évidente, mais quelques règles simples, telles que l’utilisation responsable des clés USB, le fait de ne pas cliquer à gauche et d’éviter d’être naïf lors de l’utilisation de mots de passe, constituent déjà une protection. Et Edwin van Andel conclut par un appel à ne pas considérer les pirates informatiques comme des criminels mais comme des alliés. Dans cette optique il a également attiré l’attention des participants sur les termes ‘responsible disclosure’ (divulgation responsable), qui signifient que les entreprises définissent une politique dans laquelle elles promettent de ne pas poursuivre les pirates informatiques mais au contraire de les rétribuer s’ils découvrent un point faible dans leur système. De cette manière les pirates auront moins de crainte, sur le plan juridique, que leurs activités soient jugées comme criminelles.

Gerard Otterspeer (directeur des ventes Bosch Security Systems pour les Pays-Bas) enchaîne dans sa présentation, avec le monde passionnant du piratage, avec l’exemple d’une université américaine, dont il ne cite pas le nom, qui via ses distributeurs de confiseries et son système d’éclairage, a été victime d’une attaque DDOS. Les caméras sont particulièrement intéressantes à pirater pour les cybercriminels, car elles peuvent traiter de grandes quantités de données. Elles peuvent donc être utilisées efficacement pour une cyber-attaque. Les réseaux IP sont donc vulnérables, mais les produits Bosch sont reliés, de série, via https et ne fonctionnent donc pas sur la base de mots de passe par défaut. Il n’y a pas non plus de système d’exploitation externe dans les caméras.

Les applications telles que les systèmes de téléconférence sont également exposées. Bosch utilise dans ce cas la norme WPA2. Lors de l’installation, on n’utilise pas de code secret et il n’y a plus non plus de clavier. L’ouverture d’une session sur le réseau se fait à l’aide d’un bouton qui déclenche une liaison cryptée. Les centrales d’alarme incendie sont reliées quant à elles via une passerelle. Cette dernière possède les certificats les plus récents.

Pour contrer les dangers de l’Internet des Objets, Bosch Security a également racheté récemment une entreprise spécialisée dans le cryptage.

Par Sammy Soetaert

www.boschsecurity.nl

Sessions de démonstration : détection de personnes et de fumées

Outre les présentations plutôt théoriques, il y avait aussi des démonstrations pratiques. Il y avait ainsi à l’extérieur une caméra intelligente qui, dans le cas présent, surveillait une prairie. Les personnes étaient détectées sans erreur jusqu’à plus de 100 mètres de distance. La caméra peut aussi apprendre à distinguer les animaux et les véhicules, des personnes.

Ken Anthonissen (key accountmanager chez Bosch Security Systems) entraînait quant à lui les participants dans une démonstration concernant la détection de fumées et d’incendie par caméras : « Dans les applications à plafonds élevés, comme des magasins de stockage, la détection d’incendie ponctuelle à l’aide de détecteurs de fumée ne suffit pas. En été par exemple, il peut se former, juste sous le plafond, un matelas d’air chaud dans lequel la fumée s’infiltre rapidement. Cela prend alors trop de temps avant que la fumée n’atteigne le plafond, et l’intervention arrive alors trop tard. Les alarmes intempestives se produisent également trop souvent avec ce type de détecteurs. Avec la vidéo-détection, la fumée est détectée directement à la source, et il ne faut que quelques secondes avant que l’alarme ne retentisse. La détection se fait sur la base de la couleur des produits de combustion, en combinaison avec le scintillement de la flamme et la forme triangulaire d’un feu déclaré. »

Il y a toutefois quelques contraintes pour une détection sans faille, par exemple un éclairement d’au moins 7 lux. Lorsque la couleur de la fumée présente trop peu de contraste avec l’arrière-plan, la détection devient également difficile.