REPORTAGE  
New Security Magazine 152 – novembre 2019

La problématique de l’agent de sécurité 2.0

Le secteur des agents de sécurité est sous pression. Alors que la société attend toujours plus de ces derniers, elle ne leur témoigne, en pratique, qu’encore trop peu de respect habituellement. « Cela doit changer ; surtout si nous voulons maintenir un niveau approprié d’embauches concernant les métiers de la sécurité dans les années à venir », affirme Steven Verrept, directeur de Trigion, lors d’une déclaration en faveur des titulaires de cette profession en pénurie.

Tout le secteur sécuritaire recherche des agents de sécurité, mais au moment de la sélection, des problèmes surgissent souvent devant la liste imposante d’exigences que l’on demande à ces personnes de respecter », affirme Steven Verrept. « Auparavant, il suffisait souvent qu’un agent actionne la porte d’entrée. Aujourd’hui, un agent de sécurité doit être fort sur le plan administratif, flexible, résistant au stress, fiable, indépendant et diplomate, avoir le sens des responsabilités, pouvoir faire face à une agression, être capable de travailler individuellement et en groupe, et avoir de préférence des connaissances en langues. Il est de plus en plus difficile de trouver toutes ces qualités chez une même personne, d’autant plus que l’offre diminue. »

Le grand écart

En tant que membre du conseil d’administration de la BVBO (Association professionnelle des sociétés de surveillance), Steven Verrept estime qu’il convient de renforcer l’image de l’agent de sécurité. « Nous attendons des agents de sécurité qu’ils réussissent à maintenir un équilibre entre d’une part un accueil chaleureux et d’autre part une application scrupuleuse des règles. Nous constatons hélas que la société ne montre pas toujours suffisamment de respect pour ces agents. Ils le méritent pourtant, car pour pouvoir exercer, ils doivent posséder de plus un diplôme et avoir un casier judiciaire vierge, réussir un examen difficile, avoir un bon physique et obtenir de bons résultats à un examen psychotechnique. »

Il se pose également un problème économique : la demande d’agents de sécurité augmente, alors que l’offre diminue. Cependant, nous ne voyons pas encore la hausse générale des prix qui devrait en résulter. « Heureusement, l’on remarque toutefois que davantage d’étudiants s’inscrivent à une formation aux métiers de la sécurité. De plus, nous permettons à des étudiants de septième année, et donc en année de spécialisation, de faire connaissance avec la pratique en les emmenant à des postes de sécurité dans un aéroport ou un port maritime, dans une entreprise industrielle ou un immeuble de bureaux, etc. Ainsi ils peuvent évoluer vers un profil déterminé : on attend des choses différentes d’un gardien de parking que de quelqu’un qui travaille dans une ambassade ou un centre commercial, mais il s’agit néanmoins dans chaque cas d’agents de sécurité. C’est une profession vraiment multidisciplinaire. »

Trigion réussit à retenir ses agents de sécurité plus longtemps en étant un bon employeur. « Nous travaillons avec des directeurs de succursale qui suivent les agents de très près et de manière qualitative. Cette structure souple nous permet de leur apporter l’assistance nécessaire. Nous pensons qu’il est crucial de positionner la bonne personne au bon endroit et nous lui proposons une approche très personnelle, afin qu’elle puisse continuer à accomplir son travail avec passion. Nous appelons tous ceux qui souhaitent travailler avec des agents de sécurité à témoigner à ces personnes le respect qu’elles méritent. Cela les aide à poursuivre leur engagement sur le long terme. »

Par Bart Vancauwenberghe

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