EVÉNEMENTS
New Security Magazine 148 – octobre 2018
Comment sécurisons-nous nos systèmes de protection?
Security Essen 2018
Dans un concept de sécurité, la cybersécurité ne peut plus être ignorée. Il est vrai que nous connectons nos caméras, nos systèmes anti-effraction, nos contrôles d’accès…. à notre smartphone. Qui sécurise ces connexions ? Security Essen, le salon leader dans le domaine de la sécurité, a consacré tout un hall à ce thème, dans le nouveau plan du salon. Une conférence avec d’imminents experts allemands a complété l’offre. Parmi les autres tendances en matière de protection, il y a l’usage croissant des caméras, l’émergence de l’intelligence artificielle et la biométrie.
Tous les deux ans, Security Essen est une source d’inspiration internationale dans le segment de la sécurité. Le salon s’est tenu cette année du 25 au 28 septembre dans les halls d’exposition nouvellement aménagés d’Essen. Julia Jacob, responsable projets à Messe Essen, est satisfaite de cette édition : « La protection, publique ou privée, analogique ou digitale, est clairement le thème central de notre époque. Des événements comme le hacking, le contrôle d’accès aux aéroports ou encore les chiffres élevés des cambriolages le confirment. Avec 950 exposants et plus de 36.000 visiteurs, on peut être considéré comme le chef de file pour tous les aspects liés à la sécurité et à la protection. » Les travaux de réaménagement ont augmenté l’attractivité de Security Essen chez les exposants et les visiteurs. Les grands éléments vitrés font rentrer la lumière naturelle, et le fait d’avoir ramené tous les halls à un seul niveau a permis de travailler plus en hauteur. « Nous avons su mettre en place une structure thématique claire qui a été appréciée par toutes les personnes présentes. » Et le nouveau hall dédié à la cybersécurité a fait son effet. « Cette problématique est un volet inhérent à chaque discours sur la sécurité », souligne Julia Jacob. « C’est pour cela que nous avons conclu un partenariat pour l’organisation de la Cyber Security Conference durant le salon. Tout le monde recherche de l’information sur ce thème et sur la meilleure manière de se protéger aujourd’hui et demain. Des experts renommés ont su proposer des pistes. »
La cybersécurité, plus actuelle que jamais
Le fait que la cybersécurité devienne l’élément de sécurisation du futur est également confirmé par Norbert Schaaf, président du comité consultatif de Security Essen. « Une attaque d’un hacker contre un géant de l’électricité en Allemagne, pendant le salon, démontre à quel point ce thème est actuel. Nos entreprises industrielles sont aujourd’hui stimulées pour entrer dans l’ère d’Industrie 4.0 où la connectivité constituera la base d’une productivité et d’une qualité supérieures. Ceci est également valable pour nos habitations où tout est commandé via des applications. En connectant tout, en numérisant tout, on ouvre une boîte de Pandore. Du moins, si on n’est pas assez prudent dans la manipulation et si on établit des connexions sans protection. Quelle utilité un système de protection anti-effraction a-t-il si votre réseau wifi – qui permet de le déconnecter – n’est pas sécurisé ? » Pourtant, il existe des solutions pour protéger la toile mondiale et ses applications de sécurisation. « Notre travail, en tant qu’industrie de la sécurité, consiste à sensibiliser. Les gens doivent apprendre à gérer correctement leurs données dans ce nouveau monde. Ils ne sont pas toujours conscients du danger. Le gouvernement prend trop peu d’initiatives, il faut donc prendre les devants. » Norbert Schaaf perçoit ici la plus-value de l’installateur. « Les produits que l’on achète librement en magasin et que l’on installe sans trop de connaissances sont une proie facile pour les attaques extérieures. L’expertise d’un installateur peut faire la différence. »
Plus de 30% des portes actuellement vendues sont équipées d’un système biométrique pour le contrôle d’accès.
Des caméras de plus en plus intelligentes
Durant le salon, plusieurs exposants ont démontré tout le potentiel de l’intelligence artificielle en matière de sécurisation. « L’avenir avec un robot de sécurité n’est pas encore à l’ordre du jour », déclare Julia Jacob. « Les robots prêts pour une utilisation industrielle et présentés ici au salon ont plus un rôle de support sur le terrain. Ils servent principalement à transmettre de l’information et sont une paire d’yeux supplémentaire. Les robots que l’on voit dans les films de science-fiction sont bien loin de la réalité. » Cependant, la contribution de l’intelligence artificielle envers la sécurité est indéniable, même si elle se limite pour le moment à un rôle dans l’ombre. Norbert Schaaf : « On trouve des exemples d’intelligence artificielle principalement dans des applications de caméras, avec des algorithmes qui sont appliqués sur du matériel visuel pour détecter des irrégularités. La technologie progresse très rapidement. Si on ne pouvait pas compter dessus il y a cinq ans, on peut aujourd’hui se fier totalement aux informations qu’ils révèlent. Ce qui multiplie le nombre de caméras, certainement dans la sphère privée. Dans les lieux publics et les entreprises, les frictions persistent entre la sécurité et la protection de la vie privée. Toute caméra qui filme une partie de la voie publique fait toujours beaucoup de bruit. Une grande différence par rapport aux autres pays européens. Dans la capitale britannique de Londres, pas moins de 20.000 caméras sont par exemple actives. » Mais l’acceptation est en augmentation. C’est ce qu’il ressort du baromètre annuel de SeeTec, YouGov et Security Essen. Via l’enquête Sicherheits-Check Deutschland, ils ont demandé aux visiteurs jusqu’à quel point ils étaient contre la vidéosurveillance. Par rapport à 2017, les différences sont minimes. Mais en deux ans de temps, certaines choses ont changé. Ainsi, pour la majorité des Allemands (91%), les caméras sont un tabou sur le lieu de travail. Elles sont par contre les bienvenues (86% pour) dans les gares et les métros.
Le vent en poupe
L’effervescence durant le salon et les nombreuses innovations exposées sur les stands montrent que le secteur a le vent en poupe. « En deux ans, l’industrie allemande de la sécurité a connu une augmentation du chiffre d’affaires de 18 % à 17,2 milliards d’euros », souligne Julia Jacob. « Cela tient en grande partie au fait que la confiance dans le gouvernement diminue. Les citoyens prennent désormais leur protection en mains, ce qui a stimulé les investissements dans les systèmes anti-effraction. » Norbert Schaaf avance une autre tendance qui a un impact. « Cela peut paraître étrange, mais la crise des migrants joue aussi un rôle, même s’il n’existe aucune corrélation statistique entre une présence accrue de migrants et le nombre de cambriolages dans une région. Les gens sont devenus méfiants et inquiets, notamment suite aux attaques terroristes de ces dernières années. Ils se tournent donc massivement vers la vidéosurveillance, et la biométrie est bien partie pour devenir la nouvelle norme. Actuellement, plus de 30 % des portes vendues sont équipées d’un tel système. Nous sommes à un tournant avec de nombreux défis qui se présentent et simultanément des solutions technologiques novatrices qui émergent. Voilà pourquoi il est essentiel de créer une mentalité ouverte pour prendre les bonnes mesures de protection », conclut Norbert Schaaf.
La prochaine édition de Security Essen aura lieu du 22 au 25 septembre 2020. Pour les visiteurs impatients, il y a Security Event à Birmingham du 9 au 11 avril, qui peut compter sur le soutien de Security Essen.
Par Valérie Couplez
Photos Security Essen
Security Innovation Awards
Pas de salon sans prix. Sous la direction de Jens Washausen (managing director GEOS Allemagne), un jury composé de douze professionnels s’est lancé dans l’évaluation des solutions les plus novatrices dans trois catégories. Pas moins de 75 envois ont été évalués pour leur caractère innovant, les avantages envers l’utilisateur, la rentabilité, la fiabilité et la rationalité. Dans la catégorie ‘Technologie et produits’, l’or est allé à Urban Alps pour sa Stealth Key, une clé métallique imprimée en 3D, construite de l’intérieur et qui cache des codes de sécurité. D’après le jury, le fabricant suisse pose là un nouveau standard dans la protection contre le copiage de clés. Dans la catégorie ‘Services’, c’est Kötter Security qui décroche l’or pour son centre de contrôle de haute technologie. Chaque système technique est mis en œuvre de manière redondante et chaque processus est soigneusement digitalisé, de la réception d’une alarme jusqu’à la transmission de l’information au client. Cette solution a nécessité un investissement de quelques millions d’euros. Enfin, dans la catégorie ‘Cybersécurité/Sécurité économique’, c’est innogy SE qui a gravi la plus haute marche du podium avec son Cyber Security Maturity Cockpit (CSMC), une solution qui définit tant la maturité et l’efficience des mesures en matière de cybersécurité que les coûts-avantages selon ISO 27001. Cela garantit une transparence maximale et permet aux entreprises de tirer le meilleur parti des ressources disponibles. Le jury a également décerné un award spécial à ip.access pour son produit Presence™ for Safe Cities, un système de radiodétection optimalisé pour la sécurité des frontières et des propriétés. Un capteur, spécialement développé, capte de l’information et des données de localisation des utilisateurs de smartphone dans une zone définie. Des mesures peuvent alors être prises avec une densité d’information plus approfondie.






