EVÉNEMENTS  
New Security Magazine 147 – août 2018

Congrès Smart Building Smart Home de la F.E.E.

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La F.E.E., la fédération des secteurs de l’électricité et de l’électronique, représente les fabricants, les entreprises de distribution et d’entretien de matériel d’installation ainsi qu’un certain nombre de secteurs connexes comme

Congrès Smart Building Smart Home de la F.E.E.

La F.E.E., la fédération des secteurs de l’électricité et de l’électronique, représente les fabricants, les entreprises de distribution et d’entretien de matériel d’installation ainsi qu’un certain nombre de secteurs connexes comme les appareils électroménagers, le sanitaire et le chauffage, l’appareillage de test et de mesure, les systèmes de sécurité, les batteries et l’éclairage. L’association fonctionne notamment comme une plateforme de rencontre et informe les membres à propos des dernières évolutions. La FEE a ainsi organisé un congrès sur le thème Smart Building Smart Home.

« Smart » a beau être un terme moderne que l’on utilise à tout bout de champ, il ne fait aucun doute que les systèmes intelligents joueront à plusieurs niveaux un rôle important dans les bâtiments de demain. Avec environ 170 participants, cette 3e édition du congrès a démontré que ce thème n’était pas encore épuisé. Ce dernier a été développé par divers orateurs sous différents aspects : instituts de recherche, entreprises technologiques, organismes publics… Nous vous en résumons les principales conclusions. Tout le monde est d’accord sur une chose : les systèmes intelligents et connectés représentent l’avenir. Ils offrent avant tout plus de facilité d’utilisation pour les habitants ; pensons ici aux assistants virtuels qui sont aujourd’hui disponibles sur le marché. Ils peuvent aussi se traduire par des gains de productivité pour les entreprises, grâce à une gestion plus efficace des bureaux et à un meilleur flux de l’information. Ils accroissent par ailleurs la sécurité par le biais de la surveillance et du contrôle d’accès. Les systèmes intelligents sont en mesure de faire baisser la consommation ; et de par l’élaboration de réseaux intelligents, ils permettent l’intégration optimale de sources d’énergie renouvelable. Si les systèmes intelligents veulent percer, ils devront également favoriser la durabilité.

The Internet of Too Many Things

Il existe toutefois des obstacles. Le premier est le besoin d’intégration des systèmes. Le paysage actuel des systèmes intelligents se compose de nombreuses solutions spécialisées qui peuvent difficilement communiquer entre elles. Ou, comme l’exprime Rik Vereecken de byNubian : « nous vivons dans l’Internet of Too Many Things. » Selon un dernier recensement, il y a pas moins de 329 standards différents pour IoT, sans compter les anciens systèmes de commande et domotiques. Tout aussi révélateur : la prolifération d’applications, dont beaucoup n’ont qu’une utilité limitée.

Pour les systèmes du futur, il s’agit moins de savoir quelles seront les fonctions techniques potentielles que de savoir si les utilisateurs pourront s’en servir. Une entreprise comme Niko parle à ce titre de maison ‘réactive’, dans laquelle un système autonome intègre des données de divers systèmes afin, sur base de celles-ci, d’entreprendre des actions en fonction de l’utilisateur. Bosch a aussi présenté des techniques intégrées, dans lesquelles le client occupe une place centrale, et qui peuvent ouvertement communiquer avec des applications d’autres fabricants.

Big Data

Les données représentent le cœur du système. Ces dernières constituent la nouvelle matière première : la meilleure preuve de cela est que les entreprises informatiques, comme Apple ou Microsoft, ont détrôné les compagnies pétrolières comme entreprises les plus cotées en bourse. De par leurs compétences de base en gestion des données, les sociétés IT sont en mesure de présenter des solutions intégrées. Il s’agit la plupart du temps de bâtiments tertiaires, mais il peut aussi s’agir d’applications pour logements. Microsoft réalise par exemple à travers le monde de la gestion de projets immobiliers à grande échelle.

Les données en elles-mêmes révèlent peu de choses ; il convient en effet d’analyser ces données et d’opérer les bons choix sur base de celles-ci. Une intelligence artificielle se révèle ici nécessaire. Il existe en ce moment différentes visions sur la manière de concevoir un système intelligent le plus efficacement possible. Les géants de l’informatique avec leur compétence de l’AI et des algorithmes sont bien placés pour prendre ce marché.

Et en Flandre ?

Le dernier mot est revenu à Eric Sleeckx, conseiller du ministre Philippe Muyters pour l’économie et l’innovation. Il a insisté sur le fait que la Flandre croyait fortement en l’avenir des systèmes intelligents. Il existe moult initiatives en cours, dont Homelab, un institut de test indépendant pour services et applications Smart Home. Le gouvernement flamand ne veut pas rater ce train.

Des innovations intelligentes pour le secteur des soins

Une technique intéressante qui est développée par l’institut de recherche de Louvain Imec est le positionnement au sein des bâtiments à l’aide de radar. Celui-ci s’appuie sur les systèmes de radar qu’Imec a déjà commercialisé pour l’industrie auto. Avec la bonne longueur d’onde, il est possible de détecter des objets et des personnes avec précision. Le système peut même donner une indication du taux d’activité. Dans les laboratoires de test, on a également pu détecter la respiration et les battements de cœur des participants. Une application potentielle de cette technique est le monitoring des patients dans les instituts hospitaliers.

Les données de radar ont de plus le grand avantage par rapport aux images de caméra de poser moins de problèmes en matière de respect de la vie privée. On détecte en effet uniquement l’endroit où se trouve la personne, sans nécessiter d’image précise de celle-ci. En associant de tels capteurs à des luminaires, le gestionnaire de bâtiments peut avoir un aperçu continu de l’occupation et de l’utilisation du bâtiment.

Une autre technique est l’utilisation de balises pour assurer un accès sécurisé aux données sans mot de passe. Le personnel soignant peut ainsi par exemple visionner les données du patient qui est soigné à ce moment-là. Pour d’évidentes raisons, ces systèmes doivent être particulièrement précis. Imec possède, selon ses propres dires, des systèmes qui peuvent déterminer à 30 cm près où se trouve une balise.

Par Alex Baumans

Photos F.E.E./Alizée Nielsen Photography ©

www.feesmartbuilding.be