EVÉNEMENTS
New Security Magazine 146 – avril 2018
Alia Security Day 2018
Le secteur de la sécurité reste vigilant face à l’évolution technologique fulgurante
Ce 14 mars, 260 personnes ont participé à la sixième édition de l’Alia Security Day à Technopolis (Malines). Cette année, l’organisation faîtière belge des fédérations d’installateurs et de l’industrie de la sécurité électronique avait choisi le thème de la qualité et de la sécurité. Répartis en deux salles, six spécialistes ont évoqué les nouveautés dans le secteur de la sécurité et les dernières tendances dans leur domaine. Conclusion : au vu de l’évolution technologique rapide, le secteur est en constante évolution.
Bert Hoffer, directeur Sécurité et Prévention du SPF Intérieur, a ouvert le ban en dévoilant la nouvelle loi réglementant la sécurité privée et particulière, en vigueur depuis le 10 novembre 2017, en insistant sur l’impact de la loi pour le secteur de la sécurité. L’autorisation doit désormais être renouvelée tous les cinq ans, soit deux fois plus souvent que par le passé. Autre nouveauté : le rapport d’inspection peut être conservé localement pendant six mois au maximum, il n’est plus nécessaire d’établir un rapport d’activité annuel, et le numéro d’agrément va très probablement être supprimé.
Distinction entre les systèmes d’alarme et les systèmes caméras
Pour les activités de protection privée, la loi a maintenant ajouté une section consacrée aux systèmes vidéo. Afin d’éviter tout malentendu, la loi réglementant la sécurité privée définit « une entreprise de systèmes caméras » comme « l’entreprise qui offre ou exerce des services de conception, d’installation, d’entretien ou de réparation de caméras de surveillance, ou se fait connaître comme telle. ». Dans la loi sur les caméras qui sera bientôt publiée, la caméra de surveillance est décrite comme « tout système d’observation fixe ou mobile dont le but est de prévenir, de constater ou de déceler les délits contre les personnes ou les biens ou les nuisances au sens de l’article 135 de la nouvelle loi communale, ou de maintenir l’ordre public, et qui, à cet effet, collecte, traite ou sauvegarde des images; est réputée mobile, la caméra de surveillance qui est déplacée au cours de l’observation afin de filmer à partir de différents lieux ou positions ».
En 2017, 888 sociétés de sécurité ont été agréées pour les alarmes, 207 demandes d’entreprises ont été traitées, notre pays recensait 26 centres de formation, 1152 autorisations ont été délivrées pour les centrales de détection d’incendie et plus de 800 demandes d’autorisation de caméra ont été soumises entre novembre 2017 et mars 2018.
Prévenir la neutralisation des systèmes d’alarme
L’importance d’un bon concept pour prévenir les tentatives de neutralisation d’un système de sécurité : tel est le sujet soulevé par Joost Pluym de l’ISA-ISC lors de son allocution. Le consultant de l’Institut des Conseillers en Sécurité a expliqué comment les malfaiteurs évoluent pour neutraliser les systèmes d’alarme. « Aujourd’hui, ils contrôlent l’emplacement – grâce à du repérage et à des « tuyaux » venus de l’intérieur –, les systèmes anti-intrusion et les systèmes de communication. » C’est pourquoi il faut davantage tenir compte de l’installation de détecteurs.
Selon Joost Pluym, une bonne analyse des risques est essentielle pour compliquer au maximum la tâche des cambrioleurs. De plus, une étude préliminaire des matériels et de leur emplacement est importante. La bonne implantation des moyens de communication inclut une sirène externe et interne (toujours auto-alimentée, et de préférence couplée avec d’autres), une transmission TCP-IP avec contrôle des lignes (interrogation et signal de test) et une sauvegarde par gsms/gprs avec polling. Par la suite, il faut également prévoir une livraison complète au cours de laquelle l’installateur se glissera dans la peau d’un intrus. Il est également important de ne pas perdre de vue la possibilité d’une complicité interne. Les étapes suivantes consistent à évaluer régulièrement l’installation, à fournir une combinaison optimale des différents composants du système de détection (les contacts magnétiques, les détecteurs de bris de verre, les détecteurs de mouvement, les radars, les lasers, les détecteurs de pression, les secteurs sismiques et l’analyse vidéo). « C’est à l’installateur de privilégier la dissuasion, et pour cela, il lui faut combiner des éléments visibles et invisibles. »
Certification INCERT Vidéo
Thierry De Leeuw, du BEC (Belgian Electrotechnical Committee) a consacré son exposé à la certification INCERT Vidéo, un nouveau label de qualité pour la surveillance par caméra. INCERT, créé entre autres à la demande du ministère de l’Intérieur, est actif dans deux secteurs. Premièrement, la sécurité électronique des bâtiments dans le domaine des systèmes d’alarme (INCERT Intrusion), des systèmes de vidéosurveillance (INCERT CCTV) et des centrales d’alarme (INCERT Monitoring). Deuxièmement, la protection électronique des véhicules (INCERT Vehicles). « Notre objectif consiste à fournir un cadre technologique incontournable, à répondre aux attentes des autorités et des utilisateurs, à professionnaliser le secteur, à promouvoir la qualité et à anticiper et optimiser l’impact de l’évolution numérique. »
Appareils connectés à l’IoT
« Systèmes de détection : dispositifs connectés à l’IoT... Attention ! » Le message de Ronny Nedergedaalt de l’ANPI est clair. « La transition vers des systèmes connectés à l’Internet des objets nous offrira de nombreux avantages, y compris sur le plan de la sécurité des biens et des personnes. Ces avantages sont très intéressants pour les utilisateurs, les propriétaires, les installateurs, les centrales d’alarme et les assureurs. Il ne faut cependant pas oublier que cette transition implique aussi de nouveaux risques, comme les attaques contre des systèmes intégrés pouvant venir du monde entier. Nous devons être préparés à cette éventualité, et nous voulons la percevoir et l’utiliser dans le contexte approprié. Les possibilités de minimiser les risques existent, mais il n’y a pas encore de cadre normatif. En attendant, nous avons les premiers groupes de travail technique consacrés à cette question, mais il reste encore un long chemin à parcourir avant que leurs résultats ne se concrétisent. ANPI travaille avec nous sur les directives européennes, au même titre que les fabricants, les installateurs et les assureurs. »
Cédric Bassem de NVISO a montré comment des dispositifs insuffisamment sécurisés connectés à l’IoT peuvent être récupérés et piratés grâce à Shodan, un moteur de recherche qui permet à ses utilisateurs de chercher des webcams non sécurisées et vulnérables. La cybersécurité de l’IoT est une affaire délicate, car les dispositifs qui y sont connectés deviennent de plus en plus complexes et leur nombre augmente d’année en année. Cette année, 20 milliards d’appareils seront connectés à l’IoT, et ils devraient être 27 milliards en 2021. Le processus de cybersécurisation doit être assuré par le fabricant lors de la conception et de la fabrication, ainsi que par l’intégrateur ou l’installateur au niveau de la distribution et de l’utilisateur final. « Il est également important de partager les expériences afin de trouver une solution. »
Protection vidéo en Région de Bruxelles-Capitale
David Huygh du CIRB, le Centre d’Informatique de la Région bruxelloise, a décrit la protection vidéo de Bruxelles-Capitale. En 2013, 3125 caméras de sécurité y étaient installées. Aujourd’hui, un projet de collaboration régionale pour le partage d’images de protection vidéo publiques (VPRB) est en cours. Un projet ANPR a également vu le jour l’an dernier. Il implique un total de 330 caméras ANPR, dont 176 seront en service d’ici la fin juin 2018.
La prochaine édition de l’Alia Security Day aura lieu à l’occasion de la New Security Fair (13 et 14 février 2019) au Brabanthal à Louvain-Haasrode.
Par Gianni D’Angelo



