TENDANCES
New Security Magazine 146 – avril 2018
Sept tendances technologiques qui dessineront l’année 2018
La cadence des innovations technologiques est telle que même le plus fantastique futur que vous pourriez imaginer ne serait peut-être pas si loin de la réalité. Puisque les technologies actuelles atteignent un certain degré de maturité, il est impératif que nous continuions à rechercher celles qui pourront apporter de la valeur ajoutée à notre activité, mais aussi à celle de nos clients. Avec l’année 2018 en ligne de mire, Timo Sachse, Product Analyst EMEA chez Axis Communications, a identifié 7 tendances susceptibles d’avoir un impact sur le secteur en général.
1. Passage à la périphérie
La croissance phénoménale des données transférées depuis les appareils connectés vers les centres de données pour le traitement et le stockage est un fait, mais aussi la bande passante que toutes ces actions nécessitent. L’informatique en périphérie de réseau résout ce problème en réalisant le traitement des données à la « périphérie » du réseau, à proximité de la source des données. Ce fonctionnement réduit significativement la bande passante nécessaire entre les capteurs et appareils, d’une part, et les centres de données, d’autre part. L’informatique en périphérie semble d’autant plus intéressante pour tout ce qui concerne les possibles problèmes d’intégrité et de confidentialité des données : l’anonymisation et le chiffrement des données au sein même des appareils, en périphérie, avant le transfert aux centres de données, pourraient être une solution.
2. Cloud-to-cloud
Malgré la progression de la tendance vers l’informatique de périphérie présentée plus haut, l’informatique de cloud tiendra toujours un rôle pivot dans les infrastructures informatiques. Mais, il est important de noter qu’il existe plusieurs « clouds » utilisés partout dans le monde. Les entreprises proposant aujourd’hui des services de type « cloud » sont de plus en plus nombreuses, ce qui fait progressivement de l’écosystème « cloud » leur point d’intégration préféré par rapport aux systèmes sur site plus traditionnels.
L’un des avantages de l’intégration entre clouds réside dans le potentiel de réduction des services informatiques internes nécessaires. Par la suite, des services composites avancés proposés par plusieurs fournisseurs peuvent être mis en place et déployés via des API de services riches, comme l’analyse de données, la gestion et le stockage de contenus.
Toute organisation qui offre des services de type cloud devrait s’interroger sur la possibilité d’intégrer des services connexes afin d’apporter toujours plus de valeur à ses clients et partenaires.
3. Deep learning et machine learning
Nous avons atteint un stade où nous pouvons récolter les premiers fruits des architectures du deep learning et du machine learning : nous disposons de grandes quantités de données à analyser, de la puissance de traitement nécessaire pour le faire dans des délais raisonnables, d’algorithmes sophistiqués et de moult cas d’usage dont nous pouvons tirer des conclusions. D’impressionnantes démonstrations ont été présentées en matière de deep learning en rapport avec l’interprétation d’images, la reconnaissance vocale et l’aide à la prise de décisions. Leur potentiel de transfert à l’analyse pour les secteurs de la sûreté et de la sécurité est donc évident.
À un degré de base, les applications du deep learning vont améliorer la détection de mouvement vidéo, la reconnaissance faciale, le suivi individuel, et dans le même temps supprimer les fausses alertes. Elles seront un appui à la conception, la configuration et l’optimisation des systèmes, ainsi qu’à la gestion des appareils. Au-delà de ça, l’évolution des applications prépare au mieux le terrain pour que l’analyse prédictive mène à la prévention des incidents.
4. Personnalisation et confidentialité
Entre autres applications possibles, le deep learning pourrait permettre la fourniture de services hautement personnalisés. Imaginez : le visage d’un client est reconnu à son entrée dans un magasin et des offres lui sont envoyées sur son téléphone portable en fonction de ses précédents achats, de ses préférences, voire de son historique de navigation. Mais avoir la possibilité de faire quelque chose ne veut pas dire que cela doit nécessairement être fait et cet exemple soulève les questions de plus en pressantes autour de la confidentialité et de l’utilisation des données personnelles par les entreprises et leurs organisations. Il faut trouver le bon équilibre entre la personnalisation accrue, la protection des données individuelles et la confidentialité sera un tour de funambule pour toutes les organisations au cours de l’année à venir.
5. La Blockchain : plus que le Bitcoin
Pour beaucoup, Blockchain et Bitcoin sont des synonymes. Dans les faits, il en est tout autrement : si le Bitcoin utilise la Blockchain comme base, la possibilité qu’offre la Blockchain de vérifier pratiquement tout ce qui a une valeur est quasiment illimitée. Puisque la Blockchain permet d’identifier n’importe quel contenu, elle pourrait être utilisée pour vérifier le contenu vidéo de sources multiples (téléphones portables publics et caméras embarquées des forces de l’ordre) afin de contribuer aux enquêtes policières. Au-delà des données vidéo, la Blockchain pourrait également servir à vérifier l’authenticité des appareils connectés au réseau de caméras.
6 Décomposition des silos de villes intelligentes
Le concept de ville intelligente (smart city) n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, un nombre croissant de capteurs de différents types sont placés dans les environnements urbains et participent à la résolution de cas précis, depuis le respect de la loi jusqu’à la surveillance de la qualité de l’air.
Toutefois, la vraie ville intelligente correspond à la vision d’un développement urbain intégrant les informations, les données, les communications et la technologie d’Internet des Objets (IdO) de manière sécurisée afin de gérer les actifs de la ville. Historiquement, la plupart de ces services individuels fonctionnaient en silos, ce qui retarde la mise en place de cette vision de ville intelligente. Une ville ne peut être « intelligente » que lorsque toutes ses données sont ouvertes et accessibles à l’ensemble des services.
Les défis que doit relever une ville, comme la sûreté et la sécurité de ses administrés, les problèmes de circulation, les infrastructures vieillissantes et les réponses aux événements tels que les catastrophes naturelles et les attaques terroristes, exigent une analyse coordonnée des données à disposition pour formuler une réponse appropriée et efficace.
7. Capteurs non visuels pour une nouvelle dimension
Jusqu’à récemment, les principales (et parfois les seules) données à la disposition des opérateurs de surveillance étaient la vidéo, qui n’offre qu’une perspective en deux dimensions. Grâce à de nouveaux capteurs non visuels, cette vision peut devenir pluri-dimensionnelle et apporter une grande richesse de données. Cette nouvelle ressource peut servir à évaluer plus rapidement et plus précisément les situations et donc à faire remonter au plus vite les informations en vue de déclencher la réponse adaptée et de réduire les fausses alertes.
Conclusion
Sans nul doute, l’année 2018 verra émerger d’autres tendances que nous n’aurons pas. Ce dont nous sommes cependant certains, c’est que nous vivons dans un monde en évolution rapide sur de multiples aspects, tant politique, que culturel, économique et technologique. Et toutes les entreprises devront se montrer suffisamment agiles pour être en mesure d’y répondre.
Photos Axis


