REPORTAGE
New Security Magazine 145 – février 2018
Une solution anti-drones pour améliorer la sécurité des sites critiques
Pour beaucoup de particuliers, les drones sont un passe-temps amusant, mais ils ont aussi des applications professionnelles intéressantes. Aujourd’hui, malheureusement, de nombreuses personnes malintentionnées ont également découvert le potentiel des drones, ce qui en fait une menace non négligeable. Une menace que Trigion Belgique a décidé de contrer en se mettant en quête de solutions nouvelles. « En tant que fournisseur de concepts de contrôle innovants, il est de notre devoir d’être à la pointe du progrès, d’approcher nos partenaires de manière proactive et de les informer des nouveaux risques », déclare Steven Verrept, directeur général de Trigion Belgique.
Trigion a mis sur pied un partenariat avec Dronecheck pour s’attaquer au problème des drones. « Ces appareils sont progressivement déployés pour effectuer des patrouilles autonomes ou pour intervenir dans des endroits difficiles d’accès. Le revers de la médaille, c’est qu’ils présentent un risque réel pour la société. C’est à nous de nous y préparer », explique Steven Verrept. C’est dans ce but que Trigion et Dronecheck collaborent avec la société française Cerbair qui a développé un système de détection, d’identification et de neutralisation des drones.
« En principe, les drones ne peuvent être utilisés qu’en plein jour, à une altitude de moins de 500 pieds ; ils doivent rester dans le champ de vision du pilote et ne peuvent pas s’approcher de personnes ou de bâtiments – sauf si le pilote a suivi une formation et obtenu une licence d’utilisation du drone à des fins professionnelles. Mais il n’y a aucun contrôle, et l’inscription du pilote dépend de sa bonne volonté », explique Charlie Pinedo, COO de Cerbair.
Cette PME a commencé à développer un système anti-drone en France il y a trois ans, après une série d’incidents au cours desquels des drones ont survolé des sites nucléaires au nez et à la barbe des autorités françaises.
Système en trois phases
La solution de Cerbair rassemble trois composantes. « Tout d’abord, il faut détecter le drone. Nous y parvenons grâce à une combinaison de capteurs de radiofréquence et optiques qui permettent d’intercepter la communication entre le pilote et le drone, ce qui nous permet d’adapter notre solution au niveau de risque et au budget du client. Une fois que le drone est détecté, nous pouvons déclencher une alarme », explique Charlie Pinedo.
« Ensuite, nous identifions le drone en déterminant de quel modèle il s’agit, et en procédant à un suivi visuel en temps réel de sa trajectoire. Un enregistrement vidéo de l’effraction permet de lever tout doute. Nous atteignons ainsi un taux de détection de 95%. Enfin, nous neutralisons le drone en perturbant la communication avec le pilote, mais aussi entre le drone et le GPS, ce qui nous permet de forcer l’atterrissage. Nous travaillons aussi avec un partenaire qui dispose notamment de lanceurs de filets pour intercepter le drone. Enfin, il est possible de prendre des mesures passives, comme l’évacuation des personnes, l’interruption des conversations, une recherche sur site ou le fait d’aveugler le drone. »
Références
Le système est déjà utilisé pour certains projets en Italie, en Suisse, en France et dans d’autres pays. À l’aéroport Charles De Gaulle (Paris), le système Cerbair fait partie d’Hologarde, une solution intégrée qui combine diverses technologies et permet de détecter les drones dans un rayon de 5 kilomètres.
Nous souhaitons également lancer Cerbair en Belgique grâce à nos partenaires Dronecheck et Trigion. Les attaques à Bruxelles et la présence de nombreux sites critiques (Parlement européen, bâtiment de l’OTAN, ports, entreprises de haute technologie désireuses de protéger leurs actifs) font que notre système suscite beaucoup d’intérêt », conclut Charlie Pinedo.
Par Bart Vancauwenberghe
« Nous neutralisons le drone en perturbant la communication avec le pilote et le GPS. »
