PROJET
New Security Magazine 144 – octobre 2017
La protection intégrée : indispensable pour les ‘smart cities’
Depuis que l’Europe vit sous la menace terroriste, les exigences en matière de sécurité se sont encore renforcées. De plus en plus, on vise une sécurité intégrée interconnectant les systèmes de divers acteurs pour améliorer le sentiment de sécurité. Un enjeu qu’Engie Fabricom, par l’entremise de son département Security & Audiovisual, a bien compris. « Nous sommes en plein déploiement d’un projet en région bruxelloise, et dans les prochaines années, nous nous attendons à voir augmenter la demande pour ce type de solutions », commente Patrick Naze (department manager Security & Audiovisual chez Engie Fabricom).
Le département Security & Audiovisual d’Engie Fabricom se profile depuis longtemps comme un spécialiste de la protection intégrée. La valeur ajoutée de l’entreprise s’exprime principalement dans les grands projets relativement complexes. C’est un atout important à une époque où un grand nombre d’administrations et d’entreprises passent à la vitesse supérieure pour maintenir et renforcer leur sécurité.
Des systèmes reliés entre eux
« Jusqu’il y a peu, nous fournissions principalement des solutions intégrées dans des bâtiments d’entreprise individuels. Suite, principalement, à la vague d’attentats qui a frappé l’Europe occidentale, la demande se déplace aujourd’hui vers une protection intégrée regroupant plusieurs services, qui implique par exemple de connecter entre eux les réseaux de vidéosurveillance de plusieurs services publics. De plus en plus d’administrations ont compris que l’évolution vers les ‘smart cities’ - les villes intelligentes - est impossible si la sécurité n’est pas au point », poursuit Naze.
Les diverses technologies liées à la sécurité (alerte anti-intrusion et anti-incendie, contrôle d’accès, vidéosurveillance) ont généralement leur propre système de gestion. « Le besoin de les remplacer par un PSIM (Physical Security Information Management) unique est de plus en plus présent. Ce type d’application intègre les technologies classiques que je viens d’évoquer, rassemble les signaux d’alarme dans un environnement central et facilite les échanges d’informations. »
Procédures préétablies
Cette tendance simplifie considérablement la vie des opérateurs. En effet, s’il devaient jadis administrer une multitude de systèmes individuels, ils peuvent désormais travailler dans un environnement intégré où toute la sécurité est gérée à un niveau central. « Nous évoluons vers un système de gestion de crise dans lequel toutes les actions qui incombent à un opérateur sont minutieusement décrites dans des procédures. Dès qu’une technologie de sécurité quelconque déclenche une alarme, le système fournit à l’opérateur les instructions nécessaires pour suivre une procédure soigneusement établie à l’avance. De plus en plus de pouvoirs publics et d’entreprises estiment que c’est essentiel pour aborder correctement des situations de crise, et veulent investir dans des systèmes de supervision qui supportent cette approche. »
L’objectif est donc de mutualiser les systèmes de sécurité de plusieurs services publics (police, pompiers, armée, chemins de fer, autres transports publics...). « Nous allons ainsi passer des immeubles intelligents aux villes intelligentes », poursuit Patrick Naze.
IRISnet
Le plan régional de mutualisation de la vidéoprotection (VPRB) qu’Engie Fabricom déploie actuellement avec le CIRB (le centre informatique de la région bruxelloise) au sein d’IRISnet illustre parfaitement cette tendance. IRISnet est responsable de la gestion et de la mise en place des services de télécommunication de la Région de Bruxelles-Capitale. « Le but du plan VPRB consiste à mutualiser tous les réseaux de vidéosurveillance des six zones de police, des pompiers, de la STIB (les transports en communs bruxellois), du port, de Bruxelles mobilité, des communes et du centre de crise. Pour y parvenir, nous sommes en train d’installer un réseau de câbles en fibre de verre. Chaque instance continue à s’occuper de ses caméras au moyen d’un réseau séparé, mais en fonction des besoins, les images peuvent être échangées avec toutes les autres entités, que ce soit de façon permanente ou uniquement en situation de crise. Nous fournissons la technologie qui permet de le faire. »
Ce projet ambitieux implique à la fois un fameux travail d’implémentation IT, plusieurs défis techniques, et tout un parcours administratif. Sans oublier que dans certains quartiers ou communes de l’agglomération, faire accepter l’installation de caméras supplémentaires ne va pas de soi.
Un seul centre de crise
L’étape suivante consistera à créer un centre de crise unique qui mettra à la disposition de tous les services et opérateurs, de manière claire et accessible, la totalité des sources d’information. « L’accent qui était jadis mis sur la visualisation s’est aujourd’hui déplacé vers le traitement adéquat de tous les flux d’information : il s’agit de mettre la bonne information à la disposition de la bonne personne au bon moment. »
Ce centre de crise pourrait également intégrer OpSpace, une solution de Barco qui simplifie le travail des opérateurs. « OpSpace permet aux opérateurs d’organiser par eux-mêmes leur poste de travail. Une gestion efficace de tous les flux d’information entrants leur permet de visualiser directement tous les événements. Il suffit d’un clavier et d’une souris pour commander l’ensemble du dispositif. Depuis leur poste de travail, ils ont la possibilité de choisir les sources d’information (principalement des images de vidéosurveillance) et les applications qui s’affichent sur leur écran. »
Par Bart Vancauwenberghe
PSIM+
Le département Security & Audiovisual d’Engie dessert le marché belge à partir de ses sites d’Aartselaar, Zaventem (spécifiquement pour les aéroports) et Braine-l’Alleud. « Nous disposons d’une équipe d’environ 200 personnes. Grâce à leur expertise, nous installons des solutions qui soutiennent les ambitions ‘intelligentes’ des villes, des communes et des entreprises. À la demande des clients, nous pouvons aussi élargir le système PSIM au niveau PSIM+, qui intègre également la gestion du chauffage, de la climatisation, de l’éclairage, du parking et d’autres éléments du facility management.»
Reconnaissance de plaques
Engie Fabricom a récemment installé à Anvers un système permettant, au moyen de caméras ANPR, d’utiliser la reconnaissance de plaques d’immatriculation pour faire respecter les règles de la zone à faibles émissions de la ville. Suite à cette opération, l’entreprise poursuit actuellement un projet similaire à Bruxelles. « Nous travaillons avec nos collègues du département Roads, qui s’occupent de l’installation de caméras ANPR sur les routes et dans les tunnels, tandis que nous nous chargeons de l’intégration des images dans le système central de gestion des flux vidéo. Nous allons donc pouvoir créer le cadre d’un contrôle du trafic automobile renforcé à Bruxelles », conclut Patrick Naze.
« De plus en plus, nous allons passer des immeubles intelligents aux villes intelligentes. »
« Nous allons vers un système de gestion de crise dans lequel toutes les actions qui incombent à un opérateur sont minutieusement décrites dans des procédures. »


