EVENT
New Security Magazine 155 – juillet 2020
Axis Inspire goes Digital
Le 25 juin dernier, Axis Communications organisait l’événement virtuel ‘Axis Inspire goes Digital’, une initiative particulièrement réussie avec des sessions de produits, des conférences inspirantes sur la cybersécurité, l’intelligence artificielle, Industrie 4.0 et IoT, des opportunités de réseautage avec des experts d’Axis, d’IBM et de Broadcom, une ‘fun aera’ et un after show ‘Party @ Home’ surprenant. Pour les partenaires, les clients finaux et les distributeurs d’Europe centrale, une des neuf régions commerciales d’Axis, il s’agissait là, en ces temps difficiles, d’une alternative à part entière à un événement en direct. Top Security vous propose un compte rendu en deux parties. Dans ce numéro-ci, nous abordons la vision et le modèle d’affaires d’Axis. Dans la prochaine édition, nous reviendrons sur le développement de produits.
Connaître le passé pour comprendre le présent. Assurément en ce qui concerne le secteur de la sécurité où les développements se succèdent à un rythme soutenu. Qui d’autre que Martin Gren, un des fondateurs d’Axis et, avec Carl-Axel, l’inventeur de la première caméra de réseau au monde, pouvait jeter un pont ?
Axis Neteye 200
« On parle beaucoup d’évolution de l’IoT en matière de sécurité, mais Axis a été parmi les premiers à y prêter attention. Revenons brièvement en arrière. L’histoire d’Axis a commencé avec les serveurs d’impression, au début pour les réseaux IBM, que nous développions pour ethernet et TCP/IP en 1991. En fait, un serveur d’impression est un appareil IoT. Nous étions en avance sur les autres, et le tout premier appareil IoT fut naturellement la caméra Axis Neteye 200 introduite en 1996. A l’époque, nous n’étions pas encore focalisés sur la sécurité. On était conscient que le marché de la sécurité était analogique et qu’il n’était pas possible de réaliser des performances avec une seule image toutes les 17 secondes ! Nous avons donc investi dans un chipset. Nous avons développé le premier ARTPEC, et avec cette puce, nous avons obtenu les performances utiles pour l’industrie de la sécurité. Une primeur parmi d’autres que nous avons lancée sur le marché. On s’est rapidement rendu compte du potentiel de la vidéo. Nous avons alors changé la mission de l’entreprise pour l’orienter vers la vidéo, et devenir plus tard une entreprise axée sur la sécurité. »
« Nous avons transformé le marché de la sécurité », ajoute Edwin Roobol, directeur pour l’Europe centrale. « Axis est un leader depuis le début, dès l’époque où le marché était dominé par quelques noms connus du segment CCTV. Si on regarde la pénétration de la technologie IP, la conversion IP était alors très faible. Mais nous avons défendu notre position. Les chiffres d’aujourd’hui – en excluant le marché intérieur chinois – montrent que nous sommes toujours numéro un, et j’en suis très fier. »
Rupture
« On a bien secoué le marché » lance Martin Gren en riant. « Nous étions innovants à bien des égards. La plupart des gens pensent que la rupture vient de la technologie. Oui bien sûr, la caméra Neteye était assez perturbante lorsque nous l’avons lancée, mais c’est le cas pour tout bon produit. Elle a rapidement été copiée. Par rupture, j’en ai sur l’aspect semi-technique de notre plateforme ouverte. Une de nos valeurs fondamentales est d’être toujours ouvert, et l’ouverture, dans ce contexte, peut signifier beaucoup de choses : de l’intérêt pour un partenariat, une collaboration, un partage de vision, des objectifs, de l’information, des feuilles de route et des interfaces. Le choix d’une plateforme ouverte a indubitablement contribué au succès d’Axis. »
« Aujourd’hui, on parle souvent d’applications ‘on the edge’ et c’est, je pense, quelque chose qui a évolué ces dernières années », poursuit Edwin Roobol. « Les appareils peuvent désormais être plus intelligents et mieux intégrés les uns aux autres, plus connectés et plus communicatifs. L’ACAP (Axis Camera Application Platform) compte aujourd’hui plus de 100 applications dont plus de 60 externes, et c’est la plus grande plateforme de caméras. Comme les plateformes analytiques deviennent de plus en plus performantes, on voit cette stratégie prendre plus d’ampleur dans l’avenir. Actuellement, nous travaillons à la rénovation de la plateforme. Nous allons la conteneuriser et la rendre plus conviviale pour nos partenaires. »
Axis, en tant qu’entreprise, est cohérente dans de nombreux aspects et aussi dans son modèle d’affaires. Lorsqu’elle a fait son entrée sur le marché de la surveillance et de la sécurité, cette consistance fut en soi aussi une rupture. Chaque acteur avait un rôle bien spécifique et cela a apporté une plus-value au client final. Mais il fallait aussi du courage car la stratégie commerciale et de mise sur le marché des acteurs traditionnels était mitigée et dispersée.
Industrie 4.0
Pas d’événement sans un orateur inspirant. Axis avait invité Hans-Joachim Koeppen d’IBM Watson Center à partager ses expériences sur Industrie 4.0. « Industrie 4.0 n’est pas seulement une étape évolutionnaire d’Industrie 3.0. Ce n’est pas une suite. Le concept Industrie 4.0 génère des changements de paradigme parce qu’il introduit la technologie de l’information pour créer une représentation numérique de l’ensemble de la chaîne de valeur de l’entreprise. Il intègre des flux de travail et des processus qui étaient alors dissociés ou indépendants. Industrie 4.0 ne peut donc pas être implémenté avec le même état d’esprit et la même mentalité qu’Industrie 3.0. »
La technologie est aujourd’hui le principal moteur de l’innovation et de la rupture. La technologie de l’information permet de déployer une production flexible et intelligente. Elle rend la connexion et l’intégration possible pour collecter et analyser des données, et coordonner la chaîne de valeur. L’apprentissage automatique et l’IA vont jouer un rôle majeur dans l’innovation. En les combinant à IoT, les entreprises peuvent optimiser leurs processus et les résultats, améliorer la prise de décision et stimuler l’innovation.
Confiance
Le mot de la fin – et quel mot – revient à Martin Gren. « La confiance, c’est le premier et dernier mot auquel il faut penser. Vous pouvez aller à l’encontre, comme l’a rigoureusement déclaré Warren Buffet: il faut 20 ans pour établir la confiance et 5 minutes pour la perdre. 99% des images que nous générons et que nous enregistrons ne seront jamais visionnées ou utilisées. Les systèmes peuvent être inutilisés durant des mois mais si quelque chose se passe, il faut que les images soient disponibles. »
« Dans notre secteur, nous vendons finalement de la confiance. Aujourd’hui, la cybersécurité est la plus grande menace de la confiance. Voilà pourquoi il est crucial, en tant que marque, d’avoir la confiance du marché. La cybersécurité n’est pas une fonctionnalité, vous ne pourrez jamais écrire des logiciels 100% cyber-sûrs. La cybersécurité est un processus. Il faut acquérir des connaissances et pouvoir revenir à des processus pour réagir de manière adaptée au point faible ou au problème, et ces processus, fondés sur la vitesse, le temps et la durée de vie de la caméra, s’étendent bien au-delà de la période de garantie normale. »
Par Rudy Gunst
Photos: Axis
« Nous avons transformé le monde de la sécurité. »





