REPORTAGE
New Security Magazine 143 – juillet 2017
Biométrie : les veines de la paume de la main ne mentent pas
Lors du Fujitsu World Tour à Bruxelles, une grande attention a été portée aux derniers développements dans le domaine de la sécurité biométrique. Une co-création digitale entre Fujitsu et l’entreprise hongroise BioSec a conduit au développement de StadiumGuard, une solution d’identification étanche pour l’accès aux données et aux bâtiments. Grâce à cette nouvelle technologie biométrique, l’hooliganisme est étouffé dans l’œuf.
La biométrie est utilisée depuis un certain temps déjà comme méthode d’authentification, tant pour l’accès aux données que l’accès physique aux bâtiments et aux domaines. Cependant, des techniques comme le scannage des empreintes digitales, la reconnaissance de l’iris, du visage et de la voix ne sont pas infaillibles. Les systèmes actuels ont leurs points faibles et génèrent une contrefaçon potentielle, un usage détourné d’une carte, de la fraude, du piratage, etc. Au sein de la Primera Division espagnole, une expérience de contrôle d’accès lors de compétitions de football à l’aide d’une technologie basée sur les empreintes digitales a été écartée car le temps de reconnaissance était trop long.
Jusqu’à 15 millions de points de référence
La technologie utilisant la paume de la main ouvre de nouvelles perspectives. Comme les motifs des veines de la paume de main sont uniques à chaque individu, son scannage constitue une solution adéquate pour connaître l’identité d’une personne selon une certitude de presque 100%. Les motifs des veines peuvent être scannés à une distance minimale (l’appareil ne doit pas être touché), ce qui permet de prévenir toute contamination (pensez aux milieux hospitaliers). « Si la technologie des empreintes digitales utilise 20 à 120 points de référence, la technologie de la paume de la main peut se fonder sur 15 millions de points de référence sous la peau. Au moment où l’information est sauvegardée, celle-ci est encryptée au moyen d’un capteur spécial AES256 (équipé d’un PCB) », explique Oliver Reyers (business development manager PalmSecure Solutions chez Fujitsu Technology Solutions). « Avec la nouvelle application PalmSecure, il en est fini des hackers. Cette solution permet de tuer l’hooliganisme dans l’œuf, et les amendes octroyées aux clubs pour le comportement inapproprié d’un certain nombre de leurs fans font partie du passé ». Et dans les stades de football, le risque d’attentats est bien réel, voyez le récent incident avec le bus des joueurs de Borussia Dortmund.
5 agents de police pour 11.000 visiteurs
La solution peut être efficacement appliquée notamment pour le contrôle d’identité lors de grands événements sportifs. Pour la sécurisation spécifique des stades, la solution est intégrée au système de ticket électronique, au paiement en ligne et à la vidéosurveillance. « La solution StadiumGuard – greffée sur la technologie PalmSecure – a été implémentée pour la première fois il y a trois ans au stade de l’équipe de football hongroise Ferencvaros Budapest. Le pays était alors confronté au hooliganisme. Au fameux Groupama Arena à Budapest, là où l’équipe joue les compétitions à domicile, aucun incident grave n’a été répertorié entre les fans de l’équipe et ceux de l’équipe adverse », poursuit Oliver Reyers. « Lors d’un match à risque l’année dernière, où 10.000 visiteurs étaient présents, la présence de cinq agents de police a suffi. Le coût sociétal a donc sérieusement diminué. Le système peut être déployé par étapes, en commençant par exemple par un contrôle d’accès pour les VIP puis en l’étendant progressivement. »
Un potentiel considérable
Chaque visiteur du stade doit être enregistré une seule fois par le système. La solution peut être implémentée dans les stades existants et nouveaux. A partir de l’âge de 16 ans, les motifs des veines de la paume de la main ne changent plus. Avant cet âge, la législation européenne n’autorise pas la sauvegarde de données biométriques. Aussi, le concept prévoit de faire entrer les enfants (ayant moins de seize ans) dans le stade via des entrées spéciales situées à proximité des entrées sécurisées avec StadiumGuard. La solution demande un investissement plus important que les autres solutions biométriques comme la technologie des empreintes digitales, mais elle a un plus grand potentiel hors du stade. L’usage d’une carte peut ainsi être couplé à un shopping dans certaines boutiques dans le cadre d’un partenariat de fidélité avec le club de football en question. Le logiciel offre aussi la possibilité à l’exploitant du stade de donner de l’information supplémentaire concernant par exemple le degré d’occupation des diverses parties du stade (contrôle de foules).
« Au sein du monde footballistique international, nous avons des discussions avec toutes les parties impliquées dans la sécurité des stades. Et elles sont nombreuses : il y a les fédérations de football nationales, les équipes de football de première (et parfois de seconde) classe, les entreprises de sécurité, les propriétaires des stades (pas toujours les clubs), les services de police, les services de sécurité internes des stades, … Chaque partie doit être convaincue et marquer son accord. C’est souvent un travail de longue haleine. Mais il s’agit avant tout de persuader la fédération de football du pays en question », continue Reyers.
Aussi pour le monde médical et bancaire
La technologie PalmSecure peut aussi être utilisée pour sécuriser l’accès aux datacenters ou aux armoires de médicaments dans les hôpitaux, ou encore dans le cadre du terrorisme. L’usage de mots de passe fera bientôt définitivement partie du passé. Pour les immeubles de bureaux, le système et le logiciel peuvent être limités à l’aspect du contrôle d’accès. « Aujourd’hui, plus de 2 millions de personnes dans le monde sont familiarisées avec cette technologie, dans diverses autres applications : l’administration des salaires, les systèmes de kiosque, … Sur le marché belge, il y a déjà des applications dans le secteur médical et le monde de la finance. Pour ce dernier secteur, nous pouvons greffer notre technologie à un environnement d’information existant, alors que d’autres solutions sur le marché demandent une toute nouvelle configuration IT », souligne Reyers.
Une co-création digitale
Dans le cadre de la co-création digitale, Fujitsu propose la technologie de base de l’authentification de la paume de la main (PalmSecure). Biosec, en tant qu’un des partenaires stratégiques de Fujitsu, fournit les connaissances et l’expertise de l’infrastructure inhérente : le contrôle d’accès physique, la vidéosurveillance et la sécurisation de l’organisation des matchs de compétition. BioSec est une entreprise hongroise fondée en 2012, axée sur l’innovation et les technologies. Cette PME flexible emploie 25 collaborateurs dont de nombreux développeurs de logiciels. « Actuellement, nous nous focalisons sur le football, le monde IT et le secteur de la sécurité. Fujitsu se charge du support technique et de la maintenance, et prévoit principalement un support IT et de la capacité de stockage », explique Peter Györgydéak (CEO BioSec). « Nous ne vendons pas un produit mais un concept. Nous sommes très forts dans le développement, tandis que Fujitsu est un partenaire solide dans le domaine de la vente et du marketing, très bien introduit sur le marché belge. »
Par Philip Declercq
Si la technologie des empreintes digitales utilise 20 à 120 points de référence, la technologie de la paume de la main peut se fonder sur 15 millions de points de référence sous la peau.
A partir de l’âge de 16 ans, les motifs des veines de la paume de la main ne changent plus. Avant cet âge, la législation européenne n’autorise pas la sauvegarde de données biométriques.


