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New Security Magazine 152 – novembre 2019

Le salon Ifsec dans un nouveau format à partir de 2020

Du 18 au 20 juin 2019 a eu lieu à Londres le salon ExCel, une combinaison de quatre salons, soit Ifsec, Firex, Safety & Health, et Facilities Show. Le salon Ifsec reste de loin le segment le plus important des quatre, mais sa part diminue. C’est ce qu’ont également remarqué les organisateurs, de sorte que l’année prochaine, l’Ifsec aura un tout autre aspect.

« Dans une société de plus en plus complexe, l’importance d’un salon tel qu’Ifsec croît de plus en plus », affirme Simon Young, directeur événementiel d’Ifsec & Firex. « Nous créons une plateforme pour connecter l’industrie, établir de nouveaux contacts et forger des partenariats. En partageant les connaissances et en exposant les produits, nous promouvons l’innovation et la coopération. L’intégration doit être pour chacun une préoccupation. Et c’est de plus en plus le cas ; en témoigne le choix que font de plus en plus de fabricants pour des normes ouvertes. Mais surtout, avec Ifsec, nous veillons à ce que les citoyens puissent se sentir en sécurité et protégés, dans une société où le danger menace à chaque coin de rue. »

Enseignements tirés

« La même chose vaut pour Firex », ajoute Gerry Dunphy, directeur de la stratégie d’Ifsec & Firex. « La sécurité incendie est un thème d’actualité. À Londres, nous avons été confrontés ces dernières années à de graves incendies dans des immeubles résidentiels, mais l’incendie spectaculaire de Notre-Dame de Paris a également fait la une. Il ne faut donc pas s’étonner que la même question ait été posée sans cesse à nos exposants : comment éviter que cela ne se reproduise ? Bien que toutes les enquêtes ne soient pas encore terminées, les exposants étaient déjà en mesure de présenter les enseignements importants tirés. La chasse était ouverte aux produits, solutions et nouvelles technologies permettant d’éviter des catastrophes similaires à l’avenir. Plus concrètement, cela signifie des innovations dans des domaines tels que les portes coupe-feu, les systèmes de sprinklers et la détection de fumée. »

Peut-on se rendre à Londres en 2019 sans que l’on parle de Brexit ? Entre tous les scénarios catastrophes concernant les pertes économiques, les files d’attente au poste frontière et les cours imprévisibles des taux de change et des actions, Top Security a cherché un message positif. Nous l’avons trouvé sur le stand des autorités britanniques. Même dans le cas (improbable) d’un Brexit sans accord, une liste exhaustive d’accords bilatéraux et autres traités entrera en vigueur, de sorte qu’il n’y aura pas de différence notable en matière de sécurité, que le Royaume-Uni soit dans ou en dehors de l’Union européenne. Il y a à cela une raison logique : aucune des parties n’a intérêt à ce que la coopération se dissolve.

London Gatwick

Dans la zone des drones, il était frappant de constater que presque autant de fabricants de drones que de fournisseurs de mesures anti-drones se tenaient fraternellement côte à côte. On entend répéter presque à satiété que le drone a évolué d’un outil sécuritaire vers une menace pour la sécurité. Chacun peut acheter un drone sur Internet, de façon anonyme et à un prix souvent ridiculement bas. Il en va différemment des mesures anti-drones, qui sont plus complexes et basées sur des projets. On peut comparer cela au bouclier antimissile américain : n’importe quel pays peut fabriquer un missile et le tirer, mais le rendre inoffensif avant qu’il ne touche sa cible est un peu plus compliqué.

De mémoire récente, l’on peut citer encore les événements de décembre de l’an dernier, lorsque London Gatwick (le deuxième plus gros aéroport du Royaume-Uni) a été arrêté durant 36 heures parce qu’à diverses reprises, un drone est venu perturber le trafic aérien. Plus de 140.000 passagers ont dû subir des retards ou des annulations de vols. Après ces événements, London Gatwick a investi près de six millions d’euros en mesures anti-drones, entre autres pour les repérer et détecter l’opérateur plus rapidement. Un investissement substantiel mais qui est en rapport avec les dommages encourus, car l’Autorité émiratie de normalisation et de métrologie (ESMA) estime le coût d’une fermeture intempestive d’un aéroport très fréquenté, à 100 000 dollars (environ 91 000 euros) ... à la minute.

‘Intelligent’ est-il synonyme de ‘sûr’ ?

Le marché mondial des caméras intelligentes augmentera d’environ 8 % par an dans les années à venir pour atteindre deux milliards de dollars d’ici 2023 (environ 1,8 milliard d’euros). Elles deviennent également de plus en plus intelligentes avec de nouveaux développements, par exemple, la reconnaissance faciale, la détection de comportements inhabituels et les connexions avancées. Le jeu de l’offre et de la demande contribue à faire baisser les prix des caméras, ce qui en stimule davantage la croissance. Mais ‘intelligent’ est-il synonyme de ‘sûr’ ? Ceci relève de la responsabilité des fabricants et des installateurs. Tout commence par la prise de conscience des risques potentiels qui peuvent survenir en connectant des caméras intelligentes à un réseau. L’une des préoccupations importantes est la mise à jour du logiciel de sécurisation, tout comme cela se fait pour un PC. Cela évite donc que la caméra intelligente ne devienne une passerelle vers des applications plus sensibles sans transaction financière ni contrôle d’accès.

« En partageant les connaissances et en exposant les produits, nous promouvons l’innovation et la coopération. »

Simon Young, directeur événementiel d’Ifsec & Firex

La reconnaissance faciale est un exercice difficile. Dans le monde de la sécurité, elle peut offrir des opportunités sans précédent, mais elle constitue en même temps un exercice d’équilibre particulièrement précaire au regard des règles de confidentialité. Voulons-nous une société dans laquelle personne ne peut plus vivre de façon anonyme et sans contrainte ? En Russie, a été lancée en 2017 l’application FindFace de NtechLab, qui permet de prendre une photo d’une personne inconnue, puis d’envoyer une demande d’être ami via les médias sociaux. On reproche constamment à Facebook que sa reconnaissance faciale n’est pas conforme aux règles européennes de confidentialité. Plusieurs exposants présents au salon ont appliqué la reconnaissance faciale aux visiteurs en temps réel. Vous voyiez alors s’afficher sur grand écran, votre image avec votre nom. Toutefois, ces données ne semblaient pas très précises, car dans la plupart des cas, la recherche du nom se faisait via les réseaux sociaux. Toute personne non enregistrée sur les médias sociaux ou utilisant une fausse photo se voyait affublée d’un nom erroné. La technique n’est donc pas très précise, ou bien ces exposants n’ont-ils pas tout dévoilé et des erreurs ont-elles été sciemment commises ?

Comme déjà mentionné, il y aura quelques changements pour l’Ifsec et les trois salons subsidiaires l’année prochaine, car le concept dans sa forme actuelle semble être dépassé. Tout d’abord les données. Oubliez juin ; le rendez-vous fixe pour le secteur de la sécurité à Londres aura lieu en mai. À commencer par l’Ifsec 2020 qui se déroulera du 19 au 21 mai 2020. Mais le plus grand changement sera qu’Ifsec sera dorénavant organisé conjointement avec Security & Counter Terror Expo (SCTX) qui, avec Ambition (Emergency Preparedness, Resilience & Response), Forensics et WCTC (World Counter Terror Congress) amène aussi deux salons subsidiaires et un congrès. Les grands gagnants de cette fusion sont à la fois les exposants et les visiteurs. Les exposants ne devront investir que dans une seule exposition pour toucher un public plus large et les visiteurs retireront encore plus de bénéfices de leur visite.

Par Rudy Gunst

www.ifsecglobal.com