EVÉNEMENTS  
New Security Magazine 149 – février 2019

« La protection du réseau informatique doit être pour tous la priorité des priorités »

ExpoProtection 2018

Début novembre se tenait à Paris le salon professionnel bisannuel ExpoProtection. Il s’agit d’un salon combiné, avec une répartition à peu près égale entre la sécurité (y compris la prévention et la lutte contre l’incendie), et la protection. Avec près de 770 exposants venus de 38 pays, et plus de 300 nouveautés, ce fut la plus grosse édition de son histoire. Fait remarquable, l’internationalisation du salon ; et ce, tant parmi les exposants que les visiteurs, dont des partenaires de distribution, des entreprises d’installation, de gros utilisateurs finaux et des consultants.

ExpoProtection n’a pas la prétention de donner une image complète du marché de la sécurisation, et donc de faire concurrence à Security Essen, IFSEC ou Sicurezza. Mais cela n’empêche pas ce salon d’occuper une place spéciale dans l’agenda, du fait même de la combinaison de la sécurité et de la protection. Il assure, dans différents domaines, une plus-value. Prenez par exemple la lutte contre l’incendie. Dans la partie Sécurité, on découvre des détecteurs et du matériel d’extinction, et dans la partie Protection, on trouve les tenues et les casques anti-incendie. Les caméras de la partie Sécurité doivent être mises en place et la partie Protection propose, pour ce faire, des nacelles élévatrices et du matériel d’escalade.

Fausse sécurité

La combinaison des deux implique aussi que les techniciens spécialisés dans les caméras de sécurité et le contrôle d’accès, doivent adapter leur argumentaire commercial au niveau moyen de connaissances des visiteurs. Et ce niveau n’était souvent pas très élevé, sans pour autant mettre en doute leur intelligence. Il s’agissait tout simplement d’une rencontre entre deux branches professionnelles, pour laquelle chacune doit s’habituer à l’autre. Et en quelle langue se déroulent les discussions ? Celle de l’argent. Un exemple. Comment mieux inciter quelqu’un à se protéger contre la cybercriminalité qu’en y collant une étiquette de prix ?

« En 2017, nous estimons que les cybercriminels ont dérobé, au total dans le monde, des milliards d’euros », déclare David Lim, responsable de produits vidéo chez Genetec. « La protection du réseau informatique doit être pour tous la priorité des priorités. Dernièrement, j’entendais un client dire qu’il n’avait pas besoin de protection supplémentaire sur sa caméra, car il n’y avait rien d’important sur les images. Erreur ! Indépendamment des images, cette caméra est également un point d’accès à son réseau, et il y a là sans nul doute des choses à grapiller. Les composants constituent un même ensemble, et donc, en matière de sécurité, chaque intervenant porte sa responsabilité, du fabricant à l’utilisateur final, en passant par le consultant et l’installateur. »

« En 2017, nous estimons que les cybercriminels ont dérobé, au total dans le monde, des milliards d’euros. »

David Lim, responsable de produits vidéo chez Genetec

Mais prenez garde à une fausse sensation de sécurité. Le consultant Marc Pichaud conseille à chacun d’être très prudent lors de l’achat de tout composant devant être raccordé à un réseau. « Ne faites pas entrer de cheval de Troie. Qui en est le fabricant ? Est-il fiable et l’état russe ou l’état chinois n’en est-il pas, par exemple et totalement au hasard, actionnaire (voire l’actionnaire principal) ? Qui porte la responsabilité, et à quel degré, lorsque le réseau est piraté ? »

Terrorisme

En 2015, la France a été touchée par une série d’attentats terroristes, pour lesquels Charlie Hebdo et le Bataclan resteront éternellement gravés dans la mémoire collective. Cela s’est fait immédiatement sentir dans les chiffres de vente de systèmes de sécurité et d’embauche d’agents de sécurité, et certainement en 2016 après que, lors du quatorze juillet à Nice, un autre attentat sanglant ait eu lieu.

Dans Atlas en toute sécurité nous lisons qu’en France, le marché de la sécurité a crû, en 2018, de 2,1% et que l’on s’attend à ce qu’en 2019 ce chiffre soit inférieur à 2%. Pas de perspectives réjouissantes a priori, mais il y a pourtant quelques exceptions comme les investissements en matière de cybersécurité (+ 15,1%), de télésurveillance résidentielle (+ 12,3%), de télévision en circuit fermé (+ 6,1%), de systèmes d’alarme (+ 6%) et de contrôle d’accès (+ 5.4%).

Par Rudy Gunst

www.expoprotection.com